À quand la révolution des assureurs?

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Parmi les secteurs les plus opaques en Tunisie, nous retrouvons celui des assurances. Très peu d’éléments sont disponibles sur les performances des sociétés. Sur le site de la Fédération Tunisienne des Sociétés d’Assurances (FTUSA), le dernier rapport annuel remonte à 2016, alors que 2018 en est à son deuxième mois.

Nous pouvons relativement contourner ce problème en examinant les données des trois sociétés cotées à la Place de Tunis (STAR, ASTREE et Assurances SALIM) qui constituent un échantillon représentatif. Elles représentent près de 30% du chiffre d’affaires du secteur. De plus, les fortes ressemblances du modèle économique des assureurs tunisiens donnent plus de crédibilité à nos conclusions, leur business étant largement basé sur la commercialisation de la police Automobile (45% du chiffre d’affaires du secteur en 2016).

Des chiffres en vert

Selon les indicateurs d’activité publiés fin décembre, les assureurs tunisiens se comportent bien. Pour ce groupe, les primes émises (qui n’est autre que le chiffre d’affaires) ont augmenté en 2017 de 6,99% à 572,251 millions de dinars. Comme toujours, l’activité Non-Vie domine et constitue 85,3% des polices vendues.

Pour la branche Vie, à la traîne, les ventes ont progressé de 21,8% à 84,214 millions de dinars. Cette hausse n’est pas une surprise en elle-même puisque les primes émises sont intimement liées au rythme d’octroi de crédit par les banques. Or, ces dernières se sont montrées plus généreuses qu’auparavant.

Mais l’évolution du chiffre d’affaires à elle seule ne suffit pas. Il faut vérifier si la sinistralité a été maîtrisée. Pour notre groupe représentatif, les indemnisations supportées ont augmenté de 3,1% à 328,331 millions de dinars.

Pour les produits financiers, un bond a été réalisé par toutes les compagnies dont les revenus ont augmenté de 12,7% à 85,915 millions de dinars par rapport à l’année précédente. Comme les investissements des assureurs sont gérés par un rigoureux catalogue défini par le régulateur, ils sont obligés de placer l’essentiel de leurs disponibilités en obligations et Bons du Trésor. Avant 2010, ces compagnies étaient sanctionnées par rapport au rendement du marché actions dont le rendement frôlait les 40%. Mais aujourd’hui, et avec sa dégringolade, ces placements en produits de taux valent de l’or grâce à de forts taux d’intérêts.

L’assurance Vie et l’Afrique, deux cartes à jouer

Malgré ses faiblesses, le marché tunisien demeure parmi les plus importants en Afrique. Si l’assurance Vie démarre, le secteur se donnera des ailes. Toutefois, tant que ce segment reste très lié à l’activité des banques, il ne faut pas espérer voir le potentiel de cette branche se concrétiser. Probablement, avec la réforme attendue du régime de sécurité sociale, très généreux actuellement, les Tunisiens seront dans l’obligation de se tourner vers les contrats d’épargne et de prévoyance.

De plus, une expansion africaine serait la bienvenue pour doper son activité. En assurance, tout est question de taille. Plus on vend, plus on place et plus on gagne de l’argent. Bien évidemment, comparativement au Maroc, nous manquons de la forte présence des banques dans le continent, ce qui facilite le développement de la bancassurance.

La bonne nouvelle est venue quelques mois auparavant avec l’installation de COMAR en Côte-d’Ivoire. Et c’est effectivement dans le cadre d’une stratégie globale adoptée par le Groupe Amen, qui a déjà acquis ALIOS deux ans auparavant. Il faudra du temps pour que cette stratégie donne ses résultats, mais le fait de commencer donne l’espoir qu’on aura, un jour, des champions financiers africains.

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