Fuite des cerveaux : quand les compétences quittent le pays

migration circulaire - L'économiste maghrébin

 Dans une récente étude, l’Union des Enseignants Universitaires Chercheurs Tunisiens (IJABA) brosse une situation inquiétante d’une université tunisienne qui souffre de la fuite de ses compétences. 

Les chiffres affirment qu’on peut bel et bien parler de fuite des cerveaux. Qu’on en juge : 4200 enseignants universitaires ont quitté la Tunisie après la révolution, 78% des enseignants interrogés, dans le cadre d’une étude menée par l’ITES, envisagent de quitter la Tunisie et 24223 enseignants universitaires tunisiens sont déjà installés à l’étranger.

L’étude revient entre autres sur la dévalorisation de la recherche scientifique à l’université tunisienne. Cela se manifeste par la révision à la baisse du budget de la recherche scientifique de 75% entre 2016 et 2017. De même, le concours de maître-assistant n’a pas été tenu depuis des années, regrette l’étude.

De plus, la situation matérielle de l’enseignant universitaire a connu une certaine dégradation, d’après la même source. IJABA considère qu’il existe un décalage de 49% entre le taux d’évolution du salaire et le PIB et un décalage de 20% entre l’évolution de l’indice des prix et le taux annuel d’évolution des salaires. IJABA considère entre autres que le taux d’inflation réel est de l’ordre de 10%, voire 11%, étant donné que l’INS ne prend pas en compte les  dépenses de l’éducation, cours particuliers et les dépenses de divertissement dans le panier des dépenses.

La dégradation du dinar tunisien a fait que l’enseignant universitaire ne peut plus se permettre des voyages scientifiques pour assister à des conférences ou prendre part à des expériences scientifiques. En outre, la même source a fait savoir que le ministère de l’Enseignement supérieur a annulé plusieurs abonnements de revues scientifiques, austérité oblige. Et si les tickets-restaurant ont été généralisés à tous les fonctionnaires et ouvriers, ce n’est pas le cas des enseignants universitaires!

Notons que le départ de la Tunisie pour un autre pays afin de trouver de nouvelles opportunités n’est pas uniquement le fait des enseignants universitaires. En effet d’après l’OCDE, 45% des jeunes médecins qui étaient inscrits en 2017 à l’Ordre et 2000 ingénieurs ont quitté la Tunisie vers d’autres pays à la recherche de nouvelles opportunités. La fuite des cerveaux est bien réelle chez nous.
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