La CPG a tous les atouts pour exceller mais…

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Romdhane Souid, président directeur général de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) est revenu sur la situation critique de la CPG, lors de son passage sur les ondes radiophoniques, aujourd’hui, 19 février.

Revenant sur l’origine de la crise, le PDG a rappelé que les grèves et le sit-in ont commencé le 20 janvier, suite à l’annonce des résultats d’un concours, dont le nombre des admis est de 1575 personnes. A cet égard, Romdhane Souid a fait savoir que l’objet du concours est de pourvoir des postes vacants et non d’effectuer des recrutements à des fins sociales. Il s’agit «d’un concours typiquement technique», lance-t-il. Les protestataires n’ont pas accepté le résultat du concours. Cependant l’intervenant affirme que le concours s’est fait dans la transparence la plus absolue. Il s’agit d’un QCM composé de 40 questions a précisé le PDG.

Suite à l’annonce des résultats, les protestataires ont empêché le bon déroulement de l’extraction du phosphate et ont également empêché le transport du phosphate vers la Groupe chimique. Résultat: les réserves du groupe chimique tunisien sont épuisées et la production de l’acide phosphorique a été arrêtée.

Quand la CPG enregistre des pertes considérables

Revenant sur les pertes subies par la CPG, Romdhane Souid a indiqué que les pertes sont «énormes» en termes d’employabilité, surtout que la CPG emploie plus que 30 mille agents, représentant une masse salariale de 500 milliards. En 2010, la CPG produisait 22 mille tonnes de phosphate quotidiennement. «Mais la perte des clients internationaux, comme la Turquie et la Libye, est plus importante que les pertes matérielles, surtout quand il s’agit de clients qui se sont familiarisés avec la qualité du phosphate tunisien», regrette-il. Il a évalué les pertes à 400 milliards de millimes par an. Dans la conjoncture actuelle, le Groupe chimique tunisien n’a pas enregistré de revenus durant le mois de janvier. De plus, le Groupe chimique tunisien a plusieurs charges, que ce soit au niveau de la masse salariale qu’au niveau du paiement des fournisseurs.

Cependant, il existe des lueurs d’espoir annonçant le déblocage de la situation, affirme M. Souid. «Même en cas de reprise, le redémarrage de la production nécessitera un peu de temps» fait-il savoir. Et de continuer: «On ne peut pas imaginer Gafsa sans phosphate. La CPG a 120 ans et le Groupe chimique tunisien 50 ans»  dit-il.

La CPG ne peut plus recruter de nouveaux agents et cadres, martèle Romdhane Souid et de rappeler que les recrutements effectués par la CPG se comptent par milliers. «Actuellement, il n’est pas logique de recruter tous les demandeurs d’emploi du gouvernorat de Gafsa. D’ailleurs, nous venons de recruter 260 cadres. En 2008, la CPG a recruté 400 agents d’exécution; en 2010, 346 agents d’exécution; en 2011, elle a titularisé 1062 agents travaillant dans le cadre de la sous-traitance; en 2013, 2600 agents ont été recrutés pour des raisons sociales; en 2016, 250 cadres ont été recrutés à l’échelle nationale et les meilleures compétences ont été sélectionnées», étaye-t-il.

Dans le cadre des sociétés d’environnement, plantation et jardinage, plus que 11500 agents ont été recrutés. Par ailleurs, la production de ces agents fait défaut puisque le PDG affirme qu’ils ne sont pas tous productifs et que certains perçoivent un salaire sans rendement effectif. Au mois de mars, une conférence nationale sur les sociétés d’environnement, plantation et jardinage se tiendra dévoile-t-il. Pour lui, il faut ouvrir ce dossier et rendre le travail effectif au sein de ces sociétés.

La CPG dispose de tous les moyens pour mener son travail comme il se doit, «l’environnement extérieur est le seul facteur impliqué dans la perturbation de la production», affirme-t-il. Le PDG a revendiqué la diversification des activités économiques dans le bassin minier, pour pouvoir créer plusieurs offres d’emploi et pour alléger la pression sur la CPG.  Tout en indiquant que l’extraction du phosphate consomme trop d’eau, il a dévoilé qu’un projet de dessalement d’eau de mer sera acheminé à Gafsa.  113 plaintes judiciaires ont été déposées par la CPG contre les parties responsables du blocage des activités.

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Publié le 19/02/2018 à 15:59

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