Elections municipales : risques et enjeux

Elections municipales

A quelques jours du démarrage effectif des procédures de préparation des municipales, à la veille de cet important rendez-vous, le constat s’impose de lui-même, n’inspire pas la confiance escomptée et l’on se découvre encore à tergiverser sur les étapes à franchir et à se perdre dans les conjectures de tout acabit.

D’abord, au niveau de la mobilisation du potentiel électoral et des prédispositions annoncées de part et d’autre des partis théoriquement en concours et des électeurs, toutes couleurs confondues. Ensuite, au niveau de l’intérêt porté à cette échéance, depuis longtemps investi de contradictions et même de remise en question. Enfin, au niveau des étapes franchies et de celles à affronter dans le proche futur.

Un dénominateur commun, toutefois, prime et s’impose. Il s’agit du désintérêt manifeste qui se laisse aisément trahir dans les comportements. Ceci est d’autant plus flagrant lorsque l’on considère l’importance des municipales pour l’avenir du processus politique engagé dans le pays et, le cas échéant, l’intérêt vital de l’objectif de la décentralisation et de la gouvernance régionale.

L’antagonisme est, en fait, poussé à son extrême. D’un côté, une revendication collective d’aller dans le sens d’une meilleure approche dans la gestion des collectivités locales et du potentiel régional. De l’autre, des freins, à n’en plus finir, qui ont sérieusement menacé le processus dans son élément essentiel et ses atouts.

Le résultat se résume dans cette démarche à la limite bancale. Qui en porte la responsabilité? Et comment expliquer ces antagonismes qui ont fait planer la menace d’un processus vicié, mort-né!

Les analyses qui ont battu la mesure de ce que d’aucuns n’hésitent pas à appeler des désillusions, en ont imputé les raisons aux partis politiques d’une manière générale et particulièrement au tandem Ennahdha/Nidaa Tounes.

L’ère du bipolarisme

Les calculs partisans, sur fond d’enjeux tactiques, ont entaché sérieusement le déroulement de la préparation de ces municipales. D’ores et déjà, l’ombre d’un taux conséquent d’abstention plane sur tout le processus, lequel trouve son interprétation dans le comportement mitigé des partis politiques qui, selon certains, ont exagérément fait valoir leurs intérêts propres au détriment de l’intérêt général et des objectifs institutionnels de pareilles assises électorales. Ceci a été d’autant plus flagrant dans les dispositions annoncées.

Les partis politiques au pouvoir, ou gravitant autour, et ceux de l’opposition s’accusent mutuellement concernant les retards enregistrés dans l’entrée en vigueur effective de la phase électorale, arguant pour cela moult raisons de factures diverses.

Tout le monde semble se perdre dans des calculs d’intérêts et d’opportunités. Chacun y va de sa petite opération pour appréhender cette phase préparatoire et décider de la manière idoine de l’aborder; en listes communes avec certains des partis composant l’échiquier politique, ou en cavalier seul dans certaines circonscriptions. Des scénarios se font et se défont, sans que cela prenne effet de décisions finales.

L’attentisme poussé en quelque sorte à son extrême, lequel ne manque pas de peser de tout son poids sur le déroulement des prochaines municipales.

Une chose est toutefois claire. L’ère du bipolarisme dominant et «triomphateur» est, malgré les enjeux, dépassée.

La donne est désormais ouverte à toutes les hypothèses et à toutes les possibilités. Des voix critiques se sont faites entendre depuis quelque temps déjà, pour dénoncer ce qu’elles croient être des menaces sérieuses pour ces élections. Citons le cas du parti Al Irada qui, par le biais de son président Moncef Marzouki, a récemment déclaré craindre «des manœuvres de falsification des prochaines élections municipales», de la part de ceux qu’il considère comme des représentants de la «contre-révolution».

Sommes-nous condamnés à gérer cette situation de «méfiance» et de tergiversations partisanes?

Les représentants de la société civile ne l’entendent pas de cette oreille et se sont employés à exprimer leurs intentions de ne pas laisser la chose aux seuls partis politiques.

Dernièrement, un collectif d’associations et d’organisations a appelé à l’impératif de la consécration de fondamentaux lors des prochaines élections municipales, à l’instar de la parité horizontale et verticale, de la représentation des jeunes et des personnes porteuses d’handicap…

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Publié le 12/02/2018 à 12:13

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin