Walid Ben Salah : les conséquences à attendre d’une Tunisie blacklistée?

Revenant sur l’inclusion de la Tunisie dans la liste noire relative aux pays tiers susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, l’expert-comptable Walid Ben Salah a déclaré à l’economistemaghrebin.com, que cette décision pourrait avoir des répercussions très néfastes sur le pays.

Ainsi, M. Ben Salah a indiqué que la Tunisie a été classée en tant que juridiction à haut risque en matière de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme; ce qui affecte considérablement l’image du pays à l’étranger et porte atteinte à son honorabilité ainsi qu’à celle de l’ensemble de ses institutions.

Cette situation pourrait avoir, selon ses dires, des répercussions très néfastes sur l’ensemble des classements de la Tunisie et notamment sur ses notations souveraines attribuées périodiquement par les agences de notation.

Et de préciser que la dégradation desdites notes risque de rendre de plus en plus difficile l’obtention de crédits étrangers. Sachant que les investisseurs et les bailleurs de fonds évitent de financer un pays blacklisté  par le Groupe d’action financière (GAFI) et l’UE.

Par conséquent, les conditions de crédits étrangers vont être de plus en plus onéreuses surtout en l’absence de couverture par une garantie souveraine étrangère. Nous le constaterons prochainement puisque la Tunisie s’apprête à lancer un emprunt obligataire international dans les prochaines semaines.

Il a ajouté que durant l’intervalle de temps où la Tunisie sera placée sous surveillance rapprochée par le GAFI et sur la liste noire de l’UE, les institutions financières étrangères qui sont, par ailleurs, les correspondants des banques tunisiennes vont prendre des mesures de vigilance renforcées et des restrictions sur les transferts entrant et sortant avec la Tunisie; certaines relations pourraient même être remises en cause. Il en est de même des relations avec les bailleurs de fonds étrangers.

Il en découlera, également, un durcissement important des conditions d’exécution des opérations financières ainsi que leurs coûts. Certaines législations européennes pourraient, selon notre interlocuteur, exiger des sanctions particulières lorsqu’il s’agit de transactions réalisées avec un pays ou des institutions d’un pays figurant sur la liste noire, en l’occurrence la Tunisie.

Quant aux investisseurs étrangers, ils éviteront de transférer leurs fonds vers un pays classé sous peine de tomber sous le coup de questionnement et/ou de sanctions; ce qui va certainement affecter le flux des investissements directs étrangers (IDE).

Et pour conclure, l’expert-comptable a fait savoir que le programme de surveillance rapprochée mis en place suite à cette introduction sur la blacklist s’étalera jusqu’à janvier 2019, ce qui signifie que les conséquences d’un tel classement seront subies de plein fouet durant plusieurs mois à venir.

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