ALECA : le Front Populaire et le PPDU s’expriment

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Le débat sur l’Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA) se poursuit. Cela fait des mois qu’on en parle sans pour autant arriver à des solutions concrètes. La conférence ayant pour thème “L’Aleca, partenariat ou domination”, organisée par le Front Populaire et le Parti des Patriotes Démocrates Unifiés (PPDU), s’est à son tour penchée sur le sujet.

Quel est l’objectif? Il s’agit de prévoir les conséquences d’un tel accord, s’il voyait le jour entre la Tunisie et l’Union européenne, en favorisant la Tunisie, afin de la soutenir dans cette conjoncture socio-économique délicate. L’événement est de taille, car il faut aborder et comprendre les vrais enjeux, raison pour laquelle un nombre important de représentants de l’opposition était présent.

Ahmed Seddik, député du Front Populaire, souligne que les exportations agricoles de l’UE sont excédentaires. Il précise à cet effet: “Les politiques publiques de l’Etat tunisien, que ce soit avant le 14 janvier et après la révolution, affirment leur soumission totale à l’UE. Il n’y a aucune vision nationale,  aucune intention de se projeter vers l’avenir. Tout comme il est important de se demander ce que l’on  veut de l’Europe. Or, ce que nous voulons, nous Front Populaire, c’est ne pas détruire notre agriculture, mais bien au contraire, la préserver”. 

Une analyse que beaucoup d’intervenants présents ont confirmé. Le débat lancé à cette occasion a montré qu’un tel traité ne servirait que les intérêts européens. Moustapha Jouili, militant du Front Populaire a indiqué, lors de son intervention, que “le surplus de production européen a pour objectif de se garantir  un marché facile. Ce qui entraîne un déséquilibre et le rapport de force est défavorable à la Tunisie”. 

Même si les débats de l’ALECA ont déjà été bien entamés, le Front Populaire a exprimé son refus de voir un tel accord naitre, en mettant l’accent sur ses conséquences sur le tissu socio-économique du pays, en particulier dans le secteur agricole. Les membres du PPDU ont affirmé de leur coté que “l’UE veut tirer profit de la situation pour augmenter ses richesses”.

Au bout de deux heures d’échanges, ils ont jugé que c’est à l’Etat de préserver ses richesses, vers un rapport de force équilibré et vers la révision de l’Accord signé en 1995, qui n’est plus d’actualité, car il y va de la souveraineté de l’Etat.

Le sujet de l’Accord de libre-échange complet et approfondi est sans doute l’un des plus difficiles et des plus décisifs à gérer, tant les avis divergent. 

Il est à noter que 55% du tissu industriel tunisien a été perdu entre 1996 et 2013. De ce fait, la croissance économique n’a pas dépassé le plafond des 5%, la balance commerciale s’est fortement dégradée et les IDE se sont concentrés sur le littoral, aggravant les inégalités territoriales, sous un régime offshore permettant de rapatrier les bénéfices en Europe.

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