Remaniement ministériel, les postulats du processus

remaniement ministériel

Le remaniement ministériel est à l’ordre du jour. Il a été annoncé  par des acteurs politiques et confirmé par le Chef du gouvernement. Des consultations sont en cours entre les grands partis. Ennahdha et Nida Tounes auraient même présenté des candidats de leur parti. Leur participation leur semblait prioritaire.

Concession de conjoncture, on s’orienterait vers un remaniement minimum, pour occuper les charges vacantes, à savoir l’éducation nationale, les finances et l’investissement, adoptant l’exigence du parti Ennahdha. Par contre, l’UGTT et l’UTICA ont demandé la formation d’un gouvernement de compétences, transgressant les choix partisans des partis. Le Chef du gouvernement d’Union nationale sera-t-il à l’écoute de leurs vœux et de leurs diagnostics ?

Fait d’évidence, le gouvernement Youssef  Chahed devrait  prendre acte des postulats  du processus du remaniement, à savoir l’identification des attentes, l’analyse de la crise économique et la définition des enjeux de la conjoncture. La nomination des ministres des Finances et de l’Education  représenteraient certes des urgences. En matière d’éducation, la réforme des programmes est une exigence absolue, une urgence, afin d’assurer une formation d’ouverture, de progrès et de tolérance. Elle contribuerait à mettre en échec les risques de dérives et les velléités d’inquisition, contraires à la Constitution tunisienne.  Il faudrait enseigner les lois de la République, comprendre et assumer l’esprit de notre référentiel. Prenons la juste mesure de la définition civique du pays, de la liberté de conscience et de la tolérance. Notre enseignement devrait faire valoir l’esprit critique, le débat et le dialogue et éviter les positions partisanes et unilatérales. Prenons acte de la dimension anti-culturelle des dérives de la pensée. Dans le domaine des finances, la chute du dinar, le déséquilibre de la balance commerciale, le fort endettement mettent nécessairement au jour le temps de l’économique. Les querelles politiques et leurs contingents devraient être transgressés par la prise en compte de la dimension économique, pour protéger nos industries et assurer leur développement. Ce qui exige une révision de l’ensemble de nos accords économiques, prenant en compte la sévère concurrence que subit notre industrie textile et nos produits, tous azimuts. L’exemple de l’importation des glibettes est éloquent en la matière. Les marchés parallèles et officiels regorgent de produits concurrents.

Un gouvernement de compétences devrait nécessairement mettre à l’ordre du jour un programme de consensus de sursaut économique. Dans ce domaine, la lutte contre la corruption ne saurait constituer un programme, ni même un expédient. Demandons à la justice de traiter ces questions qui relèvent de ses compétences. Mais  mettons fin à ce climat de suspicion. Il faudrait certainement  identifier les enjeux de notre promotion économique. Un changement de sièges gouvernementaux ne saurait répondre à la crise économique. Le retour aux signataires de l’Accord de Carthage, les partis  et les organisations nationales devraient permettre d’élaborer le programme socio-économique requis, pour inaugurer une nouvelle conjoncture de relance économique.

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Publié le 28/08/2017 à 10:53

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