Taboubi s’oppose à la cession des entreprises publiques

privatisation Etat L'Economiste Maghrébin

En visite hier, vendredi 25 août, dans la région de Kasserine, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi,  a fait part de la détermination de la centrale syndicale à s’opposer à toute tentative visant à céder les entreprises publiques au secteur privé.

Lors de cette visite qui l’a conduit au siège de la Société nationale de cellulose et de papier alfa (SNCPA) puis à l’hôpital régional de Kasserine, M. Taboubi a affirmé que « quels que soient les problèmes financiers dont souffrent les entreprises publiques, il ne sera jamais question de les céder au privé ». Il a indiqué dans ce contexte que son organisation « exercera une pression sur le gouvernement pour empêcher que cela n’arrive ».

Noureddine Taboubi

Il est à rappeler que la SNCPA souffre depuis longtemps de difficultés aiguës qui menacent sérieusement son existence, avec ce que cela engendrera en termes de licenciement de milliers de personnes actives en son sein et l’accentuation du taux de chômage dans la région, un taux qui est déjà assez élevé.

Noureddine Taboubi a ajouté que la commission administrative de l’UGTT, qui se réunira prochainement, examinera le dossier des entreprises publiques et « prendra les décisions et mesures qui s’imposent ».

Notant ,  par ailleurs, que la situation de l’ensemble des entreprises publiques en Tunisie, tous secteurs confondus, devient de plus en plus critique. Pour la plupart déficitaires, ces entreprises sont actuellement en train de subir les conséquences de plusieurs années de mauvaise gestion au point de risquer sérieusement la faillite, quand elles ne sont pas déjà virtuellement en faillite.

Cependant, la politique sociale de l’Etat en déficit d’autorité  face aux crises que peut engendrer ce genre de situation, a transformé ces entreprises en un lourd fardeau. L’Etat s’est trouvé contraint d’injecter constamment des fonds pour  empêcher ses entreprises de sombrer afin de préserver les centaines de postes d’emploi qui génèrent des charges qu’elles ne sont plus à même de supporter. Or dans la conjoncture actuelle, et vu le déficit budgétaire auquel aucun des gouvernements qui se sont succédé n’a pu apporter une solution, l’Etat se trouve dans l’obligation d’opter pour la solution radicale, celle de privatiser ces entreprises et soulager ainsi le budget de charges qui n’en finissent pas de dilapider nos fonds publics.

Rappelons aussi que le sujet de la cession par l’Etat des entreprises publiques est devenu actuellement pressant, en relation notamment avec les engagements de la Tunisie envers le Fonds monétaire international (FMI) qui exerce une forte pression sur le gouvernement afin de céder un certain nombre d’entreprises publiques, dont les trois grandes banques étatiques.

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