Le FMI attaque-t-il la valeur du dinar tunisien?

dinar

Selon son analyse rendue publique hier, l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE) a précisé que dans le cadre des accords de prêts qu’il fournit à la Tunisie, le Fonds monétaire international (FMI) effectue des revues régulières qui donnent lieu à des estimations, notamment concernant la valeur « réelle » du dinar telle que souhaitée par cette institution.  

A travers des modélisations complexes, le FMI estime, d’après la même source, ce que devrait être la valeur idéale du dinar dans l’avenir, afin d’atteindre un équilibre macroéconomique.

D’ailleurs, après le mois d’avril 2012 et l’abandon de la fixation de la valeur du dinar à travers un panier de devises, le FMI continue à exercer une pression constante sur la Tunisie, et plus particulièrement sur la Banque centrale de Tunisie (BCT), pour que cette dernière cesse d’intervenir sur le marché des changes afin de défendre la valeur du dinar.

Dans ce sens, le FMI a estimé, à chaque revue, que le dinar était surévalué d’environ 10%. Cette estimation a servi, selon l’OTE, à mettre la pression sur la BCT pour qu’elle laisse la valeur du dinar chuter.

Toutefois, quand le dinar atteint la valeur souhaitée par le FMI, ce dernier réalise une nouvelle modélisation estimant que le dinar doive à nouveau baisser de 10% et ainsi de suite.

Au contraire de l’expérience égyptienne où le FMI a ordonné en novembre 2016 la chute de la livre égyptienne d’environ 50% face au dollar du jour au lendemain, le Fonds a adopté en Tunisie une stratégie par étapes via ses modèles mathématiques visant à atteindre le même objectif.

En effet, entre le début du premier prêt, débloqué en juin 2013, et la dernière revue qui date de juillet 2017, le dinar a perdu 49% de sa valeur face au dollar.

De plus, le FMI a récemment changé de modèle mathématique et estime à présent (revue de juillet 2017) que le dinar est surévalué de 16,7%, ce qui équivaut à un taux de change de 1 dollar pour 2,87 dinars.

Face à cette situation, jusqu’à quand les autorités tunisiennes vont-elles laisser faire?, s’interroge l’OTE.

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