Incendies de forêts : saura-t-on toute la vérité ?

Incendies forêts - L'Economiste Maghrébin

Evidemment personne ne doute que l’Etat et ses institutions ne fasse pas toute la lumière sur le carnage à ciel ouvert que le pays a connu en août 2017. Cependant chat échaudé craint l’eau froide, doivent penser quelques uns. Et ils sont peut-être nombreux. Combien d’événements ou d’affaires ont été tus ou du moins –et pour l’essentiel-  n’ont pas révélé tous leurs secrets !

2000 hectares dévastés par le feu. Le chiffre, annoncé, le week-end du 5 et 6 août 2017, par le ministère de l’Agriculture, donne toute la mesure de la catastrophe que vient de vivre le pays dans huit gouvernorats à cause des feux de forêts.

Un chiffre qui ne raconte peut-être pas assez cependant le malheur de centaines de nos compatriotes qui souffrent de cette nouvelle tragédie. Certains ont vu leurs maisons totalement ou partiellement détruites ; d’autres leur seule source de revenu partir en fumée. Qui des arbres fruitiers. Qui des animaux qui lui donnaient des produits (lait, fromage, œufs, fruits et légumes,…) qui lui permettait de supporter un tant soit  peu un quotidien des plus durs.

30% des incendies sont d’origine criminelle

Le Chef du gouvernement soutient, au sortir d’une audience qui lui a été accordée par le Président de la République, le 3 août 2017, que la justice sera intraitable avec les personnes arrêtées et impliquées dans ce désastre ou du moins une partie de celui-ci.

Le secrétaire d’Etat chargé de la Production agricole, Omar El Behi, indiquait, le même jour, au micro de Radio Mosaïque Fm, que 30% des incendies sont d’origine criminelle. Ce qui laisse supposer –et seulement supposer- que 600 hectares ont été détruits par des compatriotes. Et non en raison des conditions atmosphériques.

Imaginez toute la station touristique de Selloum, située à 20 kilomètres au sud d’Hammamet, (Que Dieu la préserve) soit réduite en cendres !

« L’enquête est en cours »

Le porte-parole de la Direction générale de Garde nationale a affirmé, samedi 5 août 2017,  que « plusieurs personnes ont été convoquées pour l’enquête sur les circonstances et les causes des incendies qui se sont déclenchés dans plusieurs régions du pays ».

Ajoutant que « 84 personnes ont été interrogées dans le gouvernorat de Jendouba, 4 suspects sont en état d’arrestation, 9 ont été libérés et 2 autres sont en garde à vue ». Que « 20 personnes ont été interrogées dans le gouvernorat de Bizerte » et que « l’enquête est en cours ».

Mais qui sont ces incendiaires-criminels ? Pourquoi ont-ils agi ? Qui les auraient encouragé, aidé ou encore –peut-être-  financé ?… Toute la Tunisie qui a pleuré les kilomètres d’arbres, plantés pendant des années, et anéantis en quelques heures, veut le savoir. Le saura-t-elle ?

Evidement personne ne doute que l’Etat et ses institutions  n’ont de cesse de faire toute la vérité sur le carnage à ciel ouvert que le pays a connu en cet été 2017.

Chat échaudé craint l’eau froide

Cependant chat échaudé craint l’eau froide, doivent penser quelques uns. Et ils sont peut-être nombreux ? Combien d’événements ou d’affaires ont été tues ou du moins –et  pour l’essentiel-  n’ont pas révélé tous leurs secrets !

Où en sont les enquêtes sur les assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi ? Où en sont les résultats  de l’enquête de la manifestation réprimée du 9 avril 2012 ? Où en est, encore,  l’enquête sur les violences de la Place Mohamed Ali, le 4 décembre 2012 ?  Avez-vous toutes les précisions sur  l’affaire de Siliana, les 28 et 29 novembre 2012, lorsque des manifestants ont été réprimés à force de « chevrotine » ?  Quid de l’affaire dite  des « Panama Papers », en mai 2016 ?

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