Ennahdha : le Conseil de la « Choura » soutient la position de Ghannouchi

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Comme attendu, le Conseil de la « Choura » du parti Ennahdha, qui s’est réuni ce week-end, s’est aligné sur la position de Rached Ghannouchi exprimée le 1er août lors d’un entretien télévisé et selon laquelle il a conseillé au Chef du gouvernement, Youssef Chahed, de s’engager à ne pas se porter candidat aux présidentielles de 2019.

Abdelkarim Harouni, président du Conseil de la « Choura »,  a indiqué, hier dimanche 6 août 2017, lors d’une conférence de presse, que les déclarations de Rached Ghannouchi sont officielles et engagent le parti Ennahdha, d’autant plus que Ghannouchi, selon lui, a insisté sur le soutien des islamistes à Youssef Chahed dans la lutte contre la corruption et que de ce fait, « elles ne visent pas à brouiller le travail du gouvernement », a-t-il dit.

Cependant, cette officialisation de la position exprimée par Ghannouchi ne semble pas faire l’unanimité au sein du Conseil. Pour preuve, la déclaration faite hier à l’agence TAP, par l’ancien ministre de l’Agriculture, Mohamed Ben Salem, qui a fait part de son souhait de « ne pas voir le parti Ennahdha se mêler de cette affaire ». Pour lui, le différend entre Chahed et Hafedh Caïd Essebsi,  directeur exécutif de Nidaa Tounes, n’est plus un secret pour personne, faisant ainsi comprendre que la position prise par Ghannouchi pourrait être interprétée comme étant un alignement sur ce dernier dans un conflit interne d’un parti allié.

Cette déclaration de Ben Salem, qui appartient au camp des « faucons » au sein du parti islamiste, ne fait que confirmer, pour plusieurs observateurs, ce double discours auquel le parti Ennahdha nous a habitués. Il ouvre cependant une brèche par laquelle peut s’opérer un éventuel recadrage sur la position de Ghannouchi, surtout devant le tollé d’indignation qu’ont suscité ses déclarations au sein de plusieurs partis et autres acteurs politiques et sociaux, notamment la centrale syndicale et conduisant à la formation de toute une opinion publique qui refuse catégoriquement de voir Ghannouchi confisquer et hypothéquer l’avenir politique du Chef du gouvernement.

Pour ces derniers, la Constitution tunisienne ne contient aucune disposition qui interdise au Chef du gouvernement de se présenter à la présidentielle de 2019.

De là à penser  que Ghannouchi cherche à provoquer une nouvelle crise politique, à un moment où le pays commence à observer un regain de stabilité qui lui a manqué depuis quelques années, nombreux sont ceux qui ont déjà franchi le pas.

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