De la nécessité de réhabiliter la culture du travail

Les Tunisiens ne sont pas imprégnés de la culture du travail. C’est ce qui ressort des différentes interventions de la séance d’ouverture du séminaire national «  Culture du travail : assurance de la pérennité de l’entreprise et un moyen pour réaliser les objectifs du développement durable ». Les différents intervenants ont fait part de leur inquiétude en ce qui concerne  l’absence en Tunisie  d’une véritable culture du travail.

Prenant la parole, le directeur du Centre arabe de l’administration du travail et de l’emploi, Rabah Megdiche a pris soin de présenter les objectifs du séminaire tout en indiquant qu’il s’agit d’un sujet d’actualité. Dans la même approche, il a considéré que le sujet ne se limite pas uniquement aux espaces de travail. Loin de là, c’est un sujet relatif à toute  une culture.

Le vice-président et membre du bureau exécutif de l’UTICA, Khalil Ghariani,  a indiqué lors de son intervention que  les pôles de production assument la responsabilité de l’absence de la culture du travail et du manque de productivité. Le chargé du dossier des négociations sociales a souligné la problématique du pouvoir d’achat. A ce sujet, il a fait savoir, à titre d’exemple, que les fonctionnaires pendant les année 70 accédaient facilement au logement et certains ont pu accéder plus d’une seule fois à un logement mais la régression de la politique de l’habitat a contribué à la faiblesse du pouvoir d’achat, regrette-t-il. Tout en reconnaissant que les salaires ne font pas vivre, il a rappelé que les employés et les employeurs sont entrés dans un cercle vicieux : si l’employeur accuse l’employé de ne pas être productif, l’employé revendique un salaire plus élevé. La solution, d’après l’intervenant, c’est l’intervention  de concert du gouvernement, du patronat et du syndicat, étant donné qu’il s’agit d’une responsabilité collégiale. «  A l’heure actuelle, nous ne pouvons pas vendre la valeur travail », regrette-t-il.

Pour sa part, Moez Ben Zaghdane, membre du bureau exécutif  de l’UTAP,  a souligné la nécessité  de réhabiliter la valeur et la notion du travail  vu le contexte actuel de la Tunisie. Il a appelé en outre à multiplier les efforts pour une meilleure insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur. Evoquant le cas de l’agriculture, l’intervenant a fait savoir que le secteur agricole emploie 18% de la population active, entre agriculture et pêche.

Abdelatif Abid, secrétaire général adjoint de la Ligue des Etats arabes (section Tunis), a considéré lors de son intervention que le problème est dû à une mentalité enracinée dans la civilisation arabe. Et cela se manifeste  à  l’éducation et même au sein de la famille. D’après lui, il n’est pas logique qu’on compte 35.000 cafés sur l’ensemble du territoire tunisien contre 6 mille espaces éducatifs (lycées et écoles).

Kamel Sâad, secrétaire général adjoint de l’UGTT, de son côté, a fait savoir qu’il n’est pas possible de résoudre ces problèmes si la relation entre le syndicat et le patronat n’est pas une relation de partenariat.

Lors du séminaire, le ministre des Affaires culturelles et celui des Affaires sociales ont signé un partenariat relatif au renforcement culturel au sein des espaces de travail.  A cette occasion, le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, a indiqué que le travail doit se transformer en une valeur constante. Et cela ne doit pas se manifester uniquement dans les espaces professionnels mais également à travers la relation de l’individu avec la société. «  Nous devons travailler pour faire enraciner ce concept  » déclare-t-il. Revenant sur le contenu de la convention, il a fait savoir qu’elle ambitionne à donner un aspect culturel aux entreprises et aux établissements. «  Tous les partenaires doivent œuvrer pour que les entreprises remplissent leur rôle culturel afin de propager le dialogue, la tolérance et la culture du travail », affirme-t-il.

Mohamed Zine El Abidine, ministre de la Culture, a indiqué de son côté qu’il faut revoir à la hausse le budget du ministère des Affaires culturelles étant donné que le ministère ambitionne de réaliser plusieurs objectifs. D’ailleurs, il a conclu en faisant remarquer que les affaires culturelles ne sont pas uniquement l’apanage du ministère des Affaires culturelles.

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