Entre l’être et le paraître, quel statut pour le diplomate tunisien aujourd’hui ?

diplomate tunisien - L'Economiste Maghrébin

L’autre jour, j’ai entendu le ministre de la Justice Ghazi Jribi dire que la situation matérielle des magistrats était dans un état tel que toutes les éventualités étaient possibles, comprenez toutes les tentations.

Cela, on le savait. La nouveauté en fait, c’est ce qu’a dit notre Garde des sceaux sur la nécessité urgente de mettre nos respectables hommes de loi à l’abri des négociations salariales habituelles propres à la fonction publique, de telle sorte qu’ils puissent bénéficier d’augmentations cycliques hors de ce champ.

Le statut particulier dont bénéficient les juges, pourrait permettre d’aller dans ce sens, a souligné M .Jribi. Le ministre de la Justice fait de la politique, on ne peut pas lui en vouloir. Mais vu l’état désastreux des finances du pays, je ne suis pas certain qu’il sera suivi. Il aura au moins balisé le terrain.

Une initiative que je trouve intéressante et qui devrait donner à réfléchir au ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, qui sait que côté salaires, et à l’instar de nos honorables juges, les diplomates tunisiens qu’ils soient en activité ou à la retraite, n’ont jamais été bien lotis ; malgré leur statut particulier et malgré les augmentations substantielles de ces dernières années qui, au final, n’ont touché que les diplomates affectés à l’étranger, et qui restent largement en deçà des minimas.

Alors, quand j’entends dire que les diplomates tunisiens sont grassement payés mais qu’ils manquent d’agressivité, qu’ils ne sont pas perspicaces, quand on ne dit pas qu’ils sont incompétents à certains endroits, je suis scandalisé même s’il y a des critiques qui sont justifiées.

Le 3 mai 2016, on a fêté les soixante ans du ministère dans un climat de frustrations et de fortes tensions avec les syndicats. Cette année, on s’apprête à faire rebelote pour les soixante et un ans. Entre-temps, une année a passé ; qu’est-ce qui a changé ?

Loin des orientations diplomatiques qui se fixent à Carthage, j’attends de M. Jhinaoui qu’il nous dise des choses, d’autant qu’à sa prise de fonctions il avait promis des réformes ambitieuses en adéquation avec les attentes du personnel.

Pour la petite histoire, tous les ministres qui ont précédé M. Jhinaoui n’ont pas laissé des traces indélébiles y compris ceux issus du sérail, et la raison est simple : ils n’ont pas accordé à la gestion administrative l’attention et le temps nécessaires alors qu’ils avaient en face beaucoup de contentieux et un passif lourd d’injustices.

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