L’essor du tourisme médical est possible

Quelles potentialités pour le tourisme médical et comment peut-on le révolutionner ?  C’est autour de ces questions qu’un petit-déjeuner  débat a été coorganisé aujourd’hui, 5 mai, par  la  Chambre de commerce tuniso-britannique (TBCC) et la Chambre de commerce tuniso-  américaine (Am Cham) en présence de la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Selma Rekik Elloumi, s’agissant de tourisme médical, un créneau porteur aussi bien pour le tourisme que pour le secteur médical.

Lors de son intervention, le président de la Chambre de commerce tuniso-britannique  (TBCC), Mehdi Ben Abdallah, présent à ce débat, a considéré qu’il existe des signaux positifs qui portent à croire à une amélioration du secteur touristique. Les recettes touristiques ont connu une augmentation de l’ordre de 30% au mois de février- mars 2017 par rapport à la même période de 2016. Évoquant les relations entre la Tunisie et la Grande-Bretagne, il a  rappelé les deux récentes visites du ministre des Affaires étrangères britannique et du Maire  de Londres à Tunis. Poursuivant dans la même lancée, il a indiqué que la levée de l’interdiction de voyager vers la Tunisie par les autorités britanniques pourrait envoyer un signal fort au reste du monde.

Évoquant le sujet du tourisme médical en Tunisie, il a fait savoir que la Tunisie se positionne stratégiquement dans le domaine de la chirurgie esthétique, ce qui a favorisé le tourisme médical envers le pays. D’ailleurs, d’autres pays comme la Turquie et la Hongrie sont des concurrents et ont une solide réputation  dans des spécialités comme l’ophtalmologie et la médecine dentaire. «  Il est temps de repenser le tourisme tunisien  surtout que le tourisme médical est en essor dans le monde » lance-t-il.

L’intervenant a cité le magazine Oxford Economic, qui a avancé que le tourisme médical  a généré 60 milliards de dollars en 2015, dans le monde,  et prévoit une croissance de 25% dans les dix prochaines années. Étant donné cette situation, la Tunisie  est capable de profiter de ce créneau et pas uniquement dans le domaine de la chirurgie esthétique étant donné les compétences médicales  dont la Tunisie dispose. Pour lui,  la Tunisie doit s’intégrer dans un cadre plus large que le tourisme médical, à savoir le tourisme de santé, tourisme de bien-être et tourisme de retraite médicalisée et la télémédecine.

Prenant la parole, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat a souligné l’importance de mener des négociations et des concertations afin que le tourisme  médical occupe une place de choix notamment dans le créneau de la thalassothérapie où la Tunisie occupe la deuxième place après la France. Pour cette raison, elle a recommandé de diversifier le produit touristique tunisien.  Tout en rappelant que 80% du tourisme tunisien est un tourisme balnéaire, elle a incité  à s’occuper des autres type de tourisme et de miser  sans relâche sur la qualité.  Par ailleurs, la ministre a fait savoir que la certification des centres de thalassothérapie tunisienne vient crédibiliser le produit tunisien et rassurer le consommateur étranger. Pour elle, le tourisme médical est un produit spécifique raison pour laquelle, il faut opter pour des moyens de communication spécifique surtout qu’il faut être vigilant sur la santé des touristes.  La ministre a indiqué la nécessité de  créer une filière tourisme médical dans la formation.

Intervenant dans le cadre du débat, la présidente de la Société tunisienne de la chirurgie esthétique a recommandé la mise en place d’une plateforme officielle qui contienne la liste des compétences dans le domaine et une liste des agences de voyages agréées par le ministère pour opérer dans le domaine du tourisme médical.   De même, elle a rappelé que l’inexistence d’un certain nombre de lignes aériennes et la difficulté d’obtenir le visa pour un certain nombre de  patients de pays africains  ne favorise pas le tourisme médical. Il faut donc agir dans ce sens.
Un médecin,  présent dans la salle, a regretté que les hôtels tunisiens ne prévoient pas de menus pour les diabétiques. D’après son propre témoignage dans quelques pays européens, les hôtels se sont conformés aux besoins du patient.  Par ailleurs, il a proposé de revoir la législation relative à la procréation médicalement assistée.

De son côté, le président du Groupement professionnel du tourisme médical relevant de la Fédération professionnelle du tourisme tunisien, Amor Dehissy, a indiqué lors de son intervention que 376 mille patients libyens ont été traités en Tunisie en 2013 et que le tourisme médical a généré plus de 1MDT en 2013.  Parmi les nationalités qui se font traiter en Tunisie, le nombre de patients libyens demeure prépondérant.

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