La colère des jeunes chercheurs

Un collectif de chercheurs s’alarme que certaines de leurs revendications n’aient pas été retenues par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, situation qui nuirait, selon eux, à la recherche tunisienne, et qui risquerait d’aggraver le chômage.

A plus d’un mois de leur mouvement de contestation devant l’ARP ( le 13 mars), ils craignent « le pire » pour la recherche aujourd’hui. C’est dans la journée du mercredi 3 mai qu’une cinquantaine de doctorants en recherche ont manifesté leur colère face  au laxisme du gouvernement.  

docteurLe constat est clair, d’après le nombre des présents, le chômage  est en hausse. En totalité, ils sont 3000 chômeurs sur un total de 11.000 jeunes chercheurs.  Autrement dit, 69% des titulaires de doctorat dans la recherche se trouvent au chômage. Les problèmes à résoudre sont complexes et vu la conjoncture économique actuelle rien n’incite à l’optimisme.  La coordination des étudiants  doctorants d’Al Manar1, avec à leur tête leur représentant, Malek Chaouech, souhaite que les étudiants soient impliqués dans la réforme qui les concerne.

chercheursSelon lui, ce qui manque aujourd’hui, c’est un vrai dialogue entre ceux de la profession et le ministère de tutelle. Il précise:  » Le ministère a eu un seul  vis-à-vis avec l’association l’ATEDox qui ne nous représente pas, mais il s’agit d’une association qui fait plus de formations complémentaires ».

chercheur1Ces chercheurs fustigent l’absence des réformes dans le secteur, alors qu’ils peuvent donner des solutions dans le court-moyen-long terme.  « Nous avons des solutions, il suffit que les responsables nous écoutent. Les chercheurs sont des potentiels et font la force de l’économie », souligne Asma Tounsi, post-doc.

« Si on veut sauver notre économie, il faut une stratégie pour que tout le monde puisse travailler. L’exemple que je propose est celui de faire des projets fédérateurs. A titre d’exemple, au lieu qu’un laboratoire travaille seul, pourquoi ne pas unir nos forces et résoudre des problèmes communs, comme celui de trouver des essais cliniques pour l’éradication du cancer ou celui du diabète ».

De plus, les  doctorants touchent  une bourse de 250 dinars pour une durée de trois ans alors qu’une thèse peut prendre cinq ans.

Améliorer l’employabilité des titulaires de doctorat  demeure une question à ne pas négliger, dans cette conjoncture morose où la machine économique a besoin de cerveaux  pour redémarrer et non de cerveaux en fuite.

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