Issam Chebbi: « Nous exigeons le retrait du projet de loi sur la réconciliation économique »

Issam Chebbi Jomhouri L'Economiste Maghrébin

Depuis plus d’une semaine, le projet de loi sur la réconciliation économique et financière est remis sur le tapis. L’opposition ainsi que la société civile sont clairs à ce sujet car ils estiment que ça va à l’encontre du processus de la justice transitionnelle.

 Le secrétaire général du parti El Joumhouri,  Issam Chebbi, à l’issue d’une réunion conjointe avec quatre autres partis politiques, tenue en fin d’après-midi du mardi 2 mai,  au siège du parti, a déclaré  craindre le scénario de la division au sujet du projet de loi sur la réconciliation économique. La coalition autour d’El Joumhouri comprend l’Alliance démocratique, le Courant démocrate, le Mouvement du peuple et Ettakatol, en attendant que le Front populaire et Al massar, les rejoignent.

 Il précise : « Il s’agit d’une alerte rouge. Nous nous opposons fermement au projet de la réconciliation économique proposé par le Président de la République pour la énième fois. La réunion porte essentiellement sur une coalition commune pour stopper ce projet de loi qui, je le rappelle,  est non conforme à la Constitution et au processus de la justice transitionnelle. Ce projet de loi a pour objectif de blanchir les corrompus. »

D’après M. Chebbi, la situation  que connaît le pays est chaotique, « alors qu’on devrait se pencher sur les vrais problèmes de la Tunisie, qui sont d’ordre économique, social, et la lutte contre la corruption. Voilà une fois de plus ce projet qui divise les Tunisiens plus qu’il ne les unit et n’aide pas à construire un avenir commun », martèle-t-il.

Et de poursuivre : « Nous voulons le retrait de ce projet de loi. Tout comme il y a deux ans de cela, la société civile ainsi que l’opposition s’y étaient opposées. Nous espérons que  la sagesse  prévaudra et que ce projet de loi ne passe pas. »

Même constat du côté du Mouvement du peuple : « La solution est claire, retirer ce projet de loi », affirme de son côté Mohamed Mseleni, membre du bureau politique du Mouvement du peuple; en poursuivant : « Un tel projet de loi vise à diviser plutôt qu’à unir les Tunisiens. »

La levée de boucliers contre ce projet de loi ne provient pas uniquement de l’opposition, la campagne « manich mssameh » ainsi que l’UGTT  sont contre ce projet de loi. Il souligne : « Ces mêmes personnes qui investissent dans les campagnes de Nidaa Tounes et Ennahdha doivent savoir que ce n’est pas en mettant de l’argent, qu’elles vont se blanchir. »

Par ailleurs, Mohamed Hamedi, dirigeant de l’Alliance démocratique, affirme de son côté : « Nous attendons la position du Front populaire et d’Al Massar pour voir comment nous allons nous mobiliser. Cela dit, nous restons ouverts à toute autre coalition politique qui approuve le même principe que le nôtre », conclut-il.

Deux ans après, le projet de loi sur la réconciliation économique et financière fait encore des vagues. A ce jour, son seul soutien est le premier parti au pouvoir, Nidaa Tounes.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here