Le pourquoi du limogeage de Lamia Zribi et Néji Jalloul

Deux ministres  les plus contestés au sein du gouvernement dit d’Union nationale viennent d’être limogés dans la soirée du 30  avril, à la veille des festivités du 1er mai. Il s’agit de Lamia Zribi, ministre des Finances, critiquée pour ses déclarations sur les ondes radiophoniques  ( le 18 avril) quant à la dévaluation du dinar. Des propos qui ont provoqué une crise de panique; et de Néji Jalloul, ministre de l’Education.  Face à ces accusations, la ministre répond qu’elle est la cible d’une campagne de dénigrement.

De ce fait, l’ex-ministre des Finances  a souligné que ses propos ont été complètement déformés. « Je n’ai jamais déclaré que la valeur du dinar tunisien pourrait glisser à trois dinars contre l’euro. Je n’ai même pas prononcé le mot dévaluation. Actuellement, il n’y a aucune raison pour que le dinar glisse à ce niveau. Il y a de bons signaux d’une relance économique », a-t-elle soutenu.

D’après elle, dans une déclaration récente  à l’Economiste maghrébin, Mme Zribia avait au contraire souligné que  la valeur du dinar était stable (1 euro = 2.4 dinars). Sur une deuxième partie de la courbe (du 21 au 24  avril), la valeur dinar avait brutalement baissé (1 euro = 2.7 dinars). Cette période correspond, selon la ministre, à une campagne de dénigrement dont elle a été la cible. «Pourquoi mes propos n’ont-ils pas provoqué de panique durant le deux premiers jours?», s’interroge la ministre.  

Même si le départ précipité de Lamia Zribi  a quelque peu surpris, celui de Néji Jalloul  n’était pas une surprise, eu égard aux pressions qu’il a subies de la part des syndicats, et ce, depuis deux ans à cause des réformes du système éducatif qu’il entendait mettre en oeuvre, malgré la farouche opposition de la majorité des enseignants, surtout à propos de l’interdiction des cours particuliers. 

Le Chef du gouvernement Youssef Chahed  n’en est pas à son premier coup d’essai pour faire revenir le calme et mettre fin aux polémiques. Au mois de février dernier, Abid Briki, qui chapeautait le ministère de la Fonction publique, était l’objet de contestations virulentes. Youssef Chahed l’a non seulement limogé, il a  même supprimé ce ministère pour le rattacher au Premier ministère, suite au refus de Khalil Ghariani, un dirigeant de la centrale patronale, de remplacer Abid Briki.   

Notons également que le Chef du gouvernement, Youssef Chahed,  a désigné, par intérim, Fadhel Abdelkefi, en remplacement de Lamia Zribi, en attendant la nomination d’un nouveau ministre et Slim Khalbous, ministre de l’Enseignement supérieur, assurera l’intérim au ministère de l’Education.

 

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