Tunisie-Chine : vers un partenariat gagnant-gagnant

partenariat Dinar Yuan

Dans le cadre du renforcement du partenariat commercial entre la Tunisie et la Chine, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) a organisé, aujourd’hui, en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de Pékin (CCPIT), le Forum économique tuniso-chinois multisectoriel, présidé par Hichem Elloumi, premier vice-président de l’UTICA,  Khalil Laabidi, DG de la FIPA, Aziza Hatira, PDG du CEPEX et Lu Pengqi, vice-président du CCPIT.

En  présence des hommes d’affaires tunisiens et chinois, M. Elloumi a affirmé que la coopération entre la Tunisie et la Chine demeure très importante. Et pour preuve, plusieurs projets à caractère institutionnel, financés en grande partie par la Chine, sont en phase de réalisation, à savoir le projet du Groupe Chimique à Mdhila – Gafsa (360 MDT), un grand projet d’hôpital à Sfax (120 MDT), la mise à niveau de la maison des jeunes d’El Menzah 6 (10 MDT)…

D’ailleurs, la tenue de ce Forum a comme objectif principal l’amélioration de cette coopération bilatérale, et ce, à travers la mise en relation entre les entreprises tunisiennes et leurs homologues chinois, la présentation de l’environnement des affaires en Tunisie ainsi que les opportunités d’investissement public et privé, la situation des échanges commerciaux entre les deux pays et les perspectives de leur développement. Sachant que sur le plan de ces échanges, il y a un déséquilibre très important.

N’empêche que les Chinois accordent, selon ses propos, un intérêt aux produits tunisiens.  La Tunisie, quant à elle, a un potentiel d’exportation, notamment celui de l’huile d’olive tunisienne, qui est très appréciée en Chine et des produits agroalimentaires dans l’ensemble mais également d’autres secteurs. Pour cette raison, l’objectif  aujourd’hui est comment exporter davantage les produits tunisiens et rationaliser les importations.

La Tunisie est aussi un hub compétitif pour la région euro-méditerranéenne. C’est une opportunité pour les entreprises chinoises de produire à partir d’une plateforme tunisienne pour exporter ensuite vers cette région où la Tunisie a  plusieurs avantages et accords de libre-échange.

Pour ce faire, M. Elloumi a cité quelques secteurs de coopération qui ont été identifiés entre les deux parties, à savoir le secteur automobile, téléphonie mobile, énergies renouvelables.

Pour sa part, Khalil Laabidi a annoncé que depuis l’année 2016, la Tunisie a décidé de varier son approche et de considérer l’Asie, notamment la Chine, comme un nouveau marché cible. Dans ce cadre, on a établi des relations avec des associations qui travaillent avec la Chine en Tunisie afin d’améliorer les équilibres de la balance commerciale vu qu’on a des produits qui se défendent bien.

Il a mis l’accent sur les atouts de coopération qui existent entre les deux pays. Pour la Tunisie, la culture industrielle est l’une des plus ancrées dans toute la région et est reconnue à l’échelle internationale, considérée comme un point de similitude.

Ainsi, la position géographique de la Tunisie est une position de valeur aux portes de l’Afrique et de l’Europe.  La Tunisie est, également, l’un des pays qui a gardé de très bonnes relations avec tous ses voisins arabes et africains. Son accès aux marchés de la région est très facile.

Elle a en plus une convention de libre-échange et un statut de partenaire  privilégié avec l’Union Européenne, ainsi qu’un accord de libre-échange avec quelques pays arabes (Agadir) et un accord de libre-échange avec la Turquie. S’ajoute à cela les négociations de l’ALECA qui sont en cours.

La Tunisie est aussi un leader, en Afrique du Nord, en  matière de compétitivité industrielle, d’attraction des IDE, et en matière d’innovation et de développement des TIC, selon les récents classements internationaux.

Revenant sur la vision  économique future de la Tunisie, M. Laabid a précisé qu’elle  est basée sur l’exploitation de la place historique et géographique et l’expérience de la Tunisie pour en faire un hub économique dans la région. Et grâce à la coopération avec la Chine, on pourra aller ensemble dans cet objectif là dans une démarche gagnant-gagnant.

L’inclusion sociale, le développement des régions et le développement durable sont aussi un souci pour la Tunisie, pouvant engendrer des investissements.

Dans le même sillage, Aziza Hatira a déclaré que le CEPEX a signé, en 2016, un accord avec la Chambre de commerce de Shanghai, à l’occasion de la tenue du salon SIAL, facilitant l’accès à l’information et l’organisation des événements entre les deux parties.

Au plan des perspectives, elle a fait savoir que l’orientation future des relations tuniso-chinoises devrait s’inscrire dans une approche gagnant-gagnant,  en tenant compte des impératifs de développement. Elle a, dans ce sens,  préconisé de tracer un plan d’action à moyen et long termes afin d’attirer les investissements chinois, promouvoir des joint-ventures tuniso-chinoises, rapprocher davantage les organismes d’appui, privilégier le partenariat industriel et commercial comme étant un levier de développement des échanges commerciaux, intensifier l’action de promotion économique et commerciale dans les deux pays à travers la participation aux événements, initier des actions promotionnelles dans la perspective de rapprocher davantage les milieux d’affaires des deux pays et attirer plus de touristes chinois…

A noter qu’en marge du Forum économique tuniso-chinois multisectoriel, un accord de création d’un Conseil d’affaires tuniso-chinois a été signé entre l’UTICA et la CCPIT.

Chiffres clés :  

  • 3553 entreprises étrangères ont investi en Tunisie
  • 75% de ces entreprises produisent en Tunisie et exportent la majorité de leur production sur les marchés européens
  • Hausse de 13% des IDE en 2016
  • Secteurs de prédilection: industries manufacturées (+52%), services, tourisme,
  • 40% de taux d’intégration des produits tunisiens sur les marchés étrangers avec 800 millions de consommateurs.
  • Secteurs porteurs : industries automobiles avec 267 entreprises employant 80 mille personnes, aéronautique avec un parc qui produit pour Airbus composé de 70 entreprises, agriculture (la Tunisie 1er  exportateur mondial d’huile d’olive en 2015, 1er exportateur mondial de dattes, 2ème exportateur mondial de  produits bio), offshoring…
  • Hausse de 15,5% des exportations vers la Chine en 2016
  • Hausse de 17,7% des importations de la Chine en 2016, soit +600 millions de dinars en valeur. Le déficit commercial avec la Chine représente  un tiers du volume global du déficit de la Tunisie

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