Tunisie : Tant qu’il y aura des femmes

Tant qu’il y aura des hommes, la formule est belle et généreuse ; elle vaut aussi pour les femmes ; et tant qu’on y est, pourquoi pas une femme à la tête du pays ?

On a toujours tendance à parler des hommes et de leur rôle premier, et jamais des femmes à leur juste valeur, alors qu’elles représentent plus de la moitié de la population de ce pays, et qu’en plus d’être des femmes de coeur, elles sont aussi des femmes savantes.

Reste bien sûr cette sincérité des hommes qui suscite toutes les suspicions : les hommes en Tunisie sont-ils sincères lorsqu’ils parlent de leurs congénères féminins ? Ou bien dissimulent-ils leurs vraies opinions parce qu’ils sont écrasés par le poids des traditions ? Et puis, tous les machos qui sont les mêmes partout, n’ont-ils pas une raison toute trouvée pour justifier leur machisme en claironnant que la femme ne peut pas échapper à sa nature, donc à son destin ?

Tellement facile, mais terri­blement humiliant et en plus, ils ont l’alibi d’un grand philosophe : « Le corps est fourni par l’homme et l’âme par le mâle ».

Ainsi écrivait et parlait Aristote. Il faut bien le souligner : si les femmes tunisiennes peuvent remercier la révolution de leur avoir donné l’occasion exceptionnelle de se manifester, de se révéler et de se battre pour leur condition, la révolution, elle, leur doit une fière chandelle : elles lui ont fait éviter le dévoiement et le naufrage. Mieux, par leur courage, elles lui ont sauvé l’âme.Ce qui n’est pas peu. Services réciproques et gratitude partagée ; l’honneur est sauf dira-t-on.

Tant mieux pour ce pays, et tant pis pour ceux qui s’obstinent à vouloir enfermer nos mères, nos soeurs et nos épouses en les asservissant et en continuant à proclamer en vertu d’une lecture coranique dont ils ont seuls le secret, que la femme est l’incarnation du diable.

On leur dira en toute simplicité et sur la base du texte sacré, qu’elle est l’avenir de l’homme même si, malheureusement, et comme un peu partout dans le monde, beaucoup d’entres-elles continuent d’être touchées par la précarité, les violences physiques, économiques, sexistes et sexuelles, et les discriminations de toutes sortes.

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