Un partenariat université – entreprise au service de l’employabilité

Entre le monde universitaire et celui  de l’entreprise, les liens ne sont pas aussi étroits qu’on pourrait le croire. Cependant, quand l’université tend la main à l’entreprise le rapport ne peut être que fructueux  à plus d’un titre : pour l’étudiant, l’entreprise  mais aussi pour l’université. Quelques tentatives ont bel et bien réussi à porter à bout de bras ce genre de partenariat

L’inadéquation entre la formation reçue par les étudiants dans les établissements universitaires, d’une part, et les exigences du monde de l’emploi, d’autre part, a toujours été décriée comme responsable du chômage des diplômés du supérieur.

Les chefs d’entreprise  avancent très souvent l’existence d’un gap énorme entre leurs besoins d’une part et le profil du nouveau diplômé, confirmé par une étude menée par l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE), en 2016.

L’étude en question avance que 60% des candidats à des entretiens d’embauche ne répondent pas aux critères exigés par la direction avec pour résultat : 145.000 postes vacants qui attendent le profil adéquat et 10.000 postes d’emploi qui attendent les diplômés dans les deux ans à venir, dans des secteurs stratégiques.

Ainsi,  nous avons deux parties qui se plaignent.  Le diplômé, en quête d’emploi décent, qui frappe désespérément à toutes les portes  et les chefs d’entreprises qui se plaignent de « l’absence du profil adéquat et le gap existant entre le monde de l’université et leurs réels besoins ».

universitéQuelques universités et entreprises semblent trouver une solution adéquate et ont jeté des ponts entre eux pour développer un partenariat gagnant-gagnant. Voici que l’université privée Esprit et le groupe Boudrant spécialisé dans la mécanique industrielle  se sont mis à deux pour un partenariat gagnant-gagnant. Le partenariat a été signé aujourd’hui, 30  mars, dans les locaux de l’université privée.

Valeur ajoutée du partenariat ? Stage, projet de fin d’études, session de formation, formation des formateurs,  séminaire entre les deux partenaires, journées techniques destinées aux industriels et aux organismes d’Etat, visite aux locaux  des partenaire de Boudrant  en France, Suède, Pologne, la création de centre de formation au sein de Esprit et formation des formateurs.  La cible principale du partenariat sont les étudiants en Génie électromécanique.

Les représentants des quatre entreprises partenaires de Boudrant, (SKF, MOTULTECH, SANDVIK COROMANT et COLMANT CUVELIER ) étaient  présents à la cérémonie et ont pris soin de présenter leurs entreprises et les attentes du partenariat avec Esprit. Fil conducteur entre les interventions : vouloir transférer le savoir-faire afin de trouver un ingénieur qui répond aux besoins du marché de l’emploi.

L’ingénieur doit être formé pour répondre aux exigences de l’entreprise. C’est à la lumière des besoins du marché de l’emploi  que la formation doit se faire, d’après Taher Belakhdher, fondateur et directeur général de l’université privée Esprit. Un partenariat entre une faculté privée et une entreprise privée doit être effective et ne doit pas se limiter au simple fait de la signature  et aux photos. «  Nous formons l’ingénieur pour l’entreprise car si l’entreprise n’est pas là pour demander un ingénieur opérationnel nous pouvons toujours rêver ! » dit-il.

Le paysage n’est pas enchanteur car « en Tunisie les universitaires n’ont pas de rapports constants avec les entreprises », dit-il et d’estimer que  la philosophie de l’université  consiste à former  les étudiants  sans concertation avec le secteur privé, ce qui a créé un énorme gap entre l’université et le monde industriel. Pour une meilleure employabilité, notre interlocuteur propose la formation par alternance entre théorie et pratique. Modèle déjà mis en place depuis des années dans les pays européens. Pour pouvoir  faire des formations pratiques, seul un partenariat avec le secteur privé permet de le faire.

Même  l’entreprise devient gagnante étant donné qu’elle va bénéficier de très bons ingénieurs selon les normes internationales. «  L’Etat doit laisser toute latitude aux universités pour tisser des partenariats et agir. Nous sommes une université privée mais en fait nous accomplissons les tâches que devraient accomplir les universités publiques. », dit-il.

Mais ce n’est pas une chose aisée de mettre en place des partenariats entre l’université et le secteur privé.

Wahib Ben Dahmen, directeur marketing du groupe, affirme qu’il a fallu deux ans pour faire ce partenariat et convaincre les quatre entreprises partenaires  pour se lancer dans l’aventure. Le dénouement heureux était la signature d’un partenariat d’une durée de cinq ans.   En suivant ce processus, l’ingénieur aura de fortes chances pour décrocher un emploi dans les entreprises tunisiennes et étrangères, d’après lui.

Interpellé sur son évaluation du rapport actuel entre les universités et le monde du travail, il a affirmé qu’il existe un certain décalage.

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