Des faiblesses dans la gestion de l’aide financière accordée par l’UE à la Tunisie

L’Union européenne a fourni un appui politique et financier important à la Tunisie pour l’aider à relever les défis. Entre 2011 et 2015, l’aide de l’UE en faveur de la Tunisie se monte à 1,3 milliard d’euros.

Toutefois, les auditeurs de la Cour des comptes européenne ont relevé un certain nombre d’insuffisances dans la gestion de l’aide par la Commission européenne.

Il ressort d’un nouveau rapport de la Cour des comptes européenne que, d’une manière générale, l’aide financière accordée par l’UE à la Tunisie après le printemps arabe de 2011 a été bien dépensée.

Bien que la coordination ait été bien assurée avec les grands donateurs ainsi qu’au sein des institutions de l’UE et de leurs services, il n’y a pas eu de programmation conjointe avec les États membres.

«La Tunisie éprouve des difficultés à maintenir sa stabilité économique et la sécurité est devenue un véritable défi pour le pays», a déclaré M. Karel Pinxten, membre de la Cour des comptes européenne, responsable du rapport. «Dans ce contexte, il est essentiel que l’appui financier de l’UE soit géré efficacement», dit-il.

« Les fonds de l’UE ont été alloués dans le cadre de l’appui budgétaire, d’un prêt au titre de l’assistance macrofinancière et du financement de projets indépendants », lit-on dans un communiqué de la Cour des Comptes Européenne.

EuSelon les auditeurs, les programmes d’appui budgétaire ont permis de transférer rapidement des montants importants et d’aider les autorités tunisiennes à élaborer un programme de réformes.

Et d’ajouter que les conditions étaient toutefois trop souples, ce qui n’a pas vraiment incité les autorités tunisiennes à prendre les mesures spécifiées dans les conventions.

Le rapport de la cour précise qu’aucune évaluation «Dépenses publiques et responsabilité financière», qui pourrait pourtant constituer un indicateur fiable de l’état d’avancement réel des réformes dans le secteur des finances publiques, n’a été réalisée depuis 2010 et que pour deux secteurs sur trois, l’appui budgétaire manquait de stratégies sectorielles crédibles.

Le même rapport a mentionné que dans certains cas concernant l’appui budgétaire mais aussi des projets autonomes, les objectifs n’étaient ni spécifiques ni mesurables.

Les auditeurs de la Cour ont considéré que les autorités tunisiennes ont mis en place des réformes importantes, mais à un rythme très lent. Cela est principalement dû aux multiples changements de gouvernement ainsi qu’à l’ampleur des nombreux autres défis à relever.

La Commission s’est engagée à continuer de soutenir la Tunisie aussi bien politiquement que financièrement pour l’aider à surmonter ces derniers.Les auditeurs formulent un certain nombre de recommandations relatives à la planification de l’aide et à la gestion de l’appui de l’UE.

Les auditeurs ont recommandé à la Commission de revoir les modalités de mise en œuvre des programmes d’appui budgétaire. « Le Service européen pour l’action extérieure et la Commission devraient notamment renforcer la programmation et le ciblage de l’aide.Elle devrait également améliorer la planification des projets en définissant des objectifs clairs et des indicateurs réalistes pour le suivi de la performance », conclut le rapport.

Télécharger le rapport

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