L’entrepreneuriat des femmes et le développement des PME

Que ce soit en Tunisie, en Algérie, au Maroc, ou dans les pays du Machrek,  l’entrepreneuriat féminin  a évolué au fil des ans. Promouvoir l’entrepreneuriat féminin,  telle est l’initiative lancée par  l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII),  en collaboration avec le projet EBESM ayant pour thème  « L’entrepreneuriat des femmes et le développement des PME ». Il s’agit d’un projet régional financé par la Commission européenne et mis en œuvre par la GIZ.

Marie-Jo Char, Team leader sur le projet d’amélioration de l’environnement des affaires dans la région sud de la Méditerranée, qui couvre 7 pays dans le cadre du processus euro-méditéranéen, déclare :  » Notre objectif principal est de cibler des femmes n’ayant pas un diplôme universitaire. Et cette cible qui nous intéresse comment ces femmes ont réussi à partir de rien. Mais ce dont on a remarqué à partir des réponses obtenues, le plus souvent ce sont l’accès au financement et aux formations pointues sur la manière de développer leurs entreprises. Tels sont les principaux obstacles ». 

Et de poursuivre :  » Ces femmes que nous avons rencontrées ne manquent ni de motivation ni de courage.  Elles sont des battantes qui ont commencé leur travail par nécessité pour  subvenir aux besoins du foyer. Il est vrai que nous sommes dans une région culturellement dominée par un régime patriarcal. Or ces femmes ont développé leur business à partir de rien ».

D’après elle, la Tunisie a fait des avancées dans ce sens où elle a mis en place une politique ciblant cette catégorie  de femmes qui font preuve de courage extraordinaire. Citant l’exemple d’une femme tunisienne qui donne des cours dans les grandes écoles comme Harvard, cette dame a contribué à donner du travail à 350 familles d’une manière intuitive », dit-elle. 

Les femmes tunisiennes ont remporté de grandes victoires depuis l’indépendance, voire bien avant, depuis l’histoire de la reine guerrière sous le nom d’el Kahina, ou encore Elissa, la fondatrice de Carthage. Mais au fil des siècles, les revendications des Tunisiennes ont évolué en matière de discrimination fondée sur le genre. Pour Fatma Besbes Frikha, designer style, la première difficulté  est celle de vendre un produit face à la concurrence dominante. »Mais j’arrive à persister. J’ai commencé à vendre mon produit en faisant du porte-à-porte jusqu’à ce que j’ai ouvert mon atelier avec deux ouvrières au départ, à présent elles sont 17. La situation sociale des femmes s’est grandement améliorée, mais beaucoup reste à faire, car rien n’est acquis d’avance », rétorque-t-elle.

Des femmes tunisiennes, algériennes et marocaines  racontent leurs expériences, mais aussi  leur vision de la situation de la femme d’aujourd’hui où le combat est loin d’être terminé. Il ne fait que commencer. Chacune d’elles relève les défis. D’autres, elles militent parce que pour elles, ce n’est que le début d’une histoire.

Qu’en est-il de l’expérience algérienne? 

Nacera Haddad,  vice-présidente  algérienne de la commission de l’entrepreneuriat et de la formation. D’après elle,  l’Algérie est quelque peu différente. Il y a un très faible taux de femmes actives, mais un taux de chômage des diplômées élevé, déclare-t-elle en ajoutant  : « Nous avons un problème d’adéquation entre l’orientation de la formation et les exigences du secteur socio-économique. De plus,  les jeunes filles pendant leur cursus universitaire ne sont pas sensibilisées à la culture entrepreneuriale ».

L’Algérie a des dispositifs très importants pour appuyer la micro-entreprise, que le gouvernement algérien a mis en place. La solution d’après Mme Haddad pour le cas de l’Algérie, c’est de revoir la formation et d’orienter les  dispositifs existants sur des projets viables avec un accompagnement personnalisé par les banques.

Quel  message adresse-t-elle aux femmes? « Croire en elles car si elles veulent conforter leur place dans la société et acquérir leur autonomie financière ».

Du côté marocain

Samira Eramdani, Responsable de Commission du Réseau des Femmes pour le Mentoring et le Networking affirme : « Je pense que c’est aussi difficile pour moi que ça peut l’être en Tunisie ou en Algérie.  Au Maroc, beaucoup reste à faire dans la reconnaissance du rôle de la femme dans la société. Cela dit, nous avons également des femmes qui ont percé et qui se sont imposées grâce à leur ténacité ».

Elle conclut: « D’ailleurs, les lois sont en train de changer. Les Marocaines ne baissent pas les bras. Elles continuent leur combat. Je suis très confiante dans le fait que le prochain siècle sera absolument féminin ». 

 

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