Stop à la violence envers les enfants

enfants autistes

De toutes les maltraitances, la plus inadmissible est la violence à l’égard des enfants qui est malheureusement en augmentation . C’est ce qu’a révélé le rapport du bureau du délégué général à la protection de l’enfance, en collaboration avec le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance et l’Unicef. Globalement, 4590 cas de violence ont été signalés au cours de l’année 2016, avec un taux national de 14 enfants maltraités sur  10 mille enfants.

La loi du silence reste la règle mais il est grand temps de lever le voile sur l’ampleur des abus commis.  Le rapport a montré que les phénomènes de négligence et d’ignorance parentales sont la cause de 37.1% d’enfants violentés observés. En second lieu, la violence morale n’est pas en reste  puisqu’elle atteint un taux de 29.1% de la totalité de l’échantillon observé. A noter que les délégués à la protection de l’enfance ont pris en charge 410 cas de violence sexuelle et 1144 cas de violence physique.

Les violences subies par des enfants et exercées par les parents ou par l’un deux vont crescendo (2607 cas observés) . L’étude a montré, en  outre,  sur le plan social, que les 51.1%  dossiers retenus proviennent de familles composées de couples mariés vivant sous le même toit.

Par ailleurs, 32.9% des cas vivent dans les familles monoparentales suite à un divorce ou à une séparation des parents. Evoquant le volet économique des familles, 42.5% des cas pris en charge en 2016 appartiennent à une classe économiquement faible tandis que 5.9% des cas se situent dans la classe à revenus élevés.

Rencontrée à l’issue de la conférence de presse, Néziha Laabidi, ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance,  a souligné que son ministère a mis en place un certain nombre de programmes. Elle précise: “On ne naît pas parent on le devient. C’est à partir de là qu’il faut former les parents à être parents. D’ailleurs, nous avons une stratégie nationale pour la famille,  notamment comment préparer les jeunes à la vie conjugale, à  l’éducation des enfants. Mais plus encore, il faut  définir le rôle d’un parent au niveau psychologique, culturel etc.”.

Et de poursuivre: “Cela nécessite toute une éducation, comment communiquer avec les enfants, partager les responsabilités ? Parce qu’un enfant ne vient pas seul au monde. Il faut tout un travail de sociologue et psychologue. Or c’est à travers l’éducation, et la prise de conscience, que le travail commence à la naissance, ce qui ne manquera pas de faire évoluer  les mentalités”.

Par ailleurs, Lila Pieters, la représentante de l’UNICEF,  a salué les efforts que mène la Tunisie. Cela dit, ce qui l’a interpellée dans le rapport :   ” Il y est mis en évidence la problématique de la violence à l’égard des enfants : plus de 14%  des enfants en Tunisie  sont exposés à toutes formes de violences psychologique, physique, depuis la conception jusqau’à 14 ans”.

Citant l’exemple  d’un  enfant  qui ne veut pas faire du sport, on va lui dire que ce n’est pas bien :  “De ce fait, il ne reçoit qu’un message négatif. Et c’est là que l’ éducation parentale doit entrer en jeu”, ajoute-t-elle. 

Elle conclut: “Il va falloir revoir l’éducation parentale,  se concentrer sur les aspects qui permettent de  lutter contre la violence, apprendre aux parents comment user de la discipline d’une façon positive. D’ailleurs, l’un des programmes comprend des modules pour former des parents, lancer  des campagnes médiatiques à  travers les réseaux sociaux”.

 

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