La Tunisie est confrontée à une crise de l’eau

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L’Observatoire tunisien de l’eau a tenu une conférence de presse pour présenter son rapport sur les coupures et les pénuries d’eau, aujourd’hui 22 mars, au siège du Forum tunisien des droits sociaux et économiques (FTDES). Mais ce n’était pas pour fêter la Journée internationale de l’eau. Loin de là…

eauPour Alaa Marzougi,  président de l’observatoire,  il est encore tôt de fêter la Journée internationale de l’eau, étant donné  les nombreuses anomalies qui existent en ce qui concerne  l’eau en Tunisie.  M. Alaa a pris soin d’expliquer qu’en 2016, l’observatoire a  reçu  855 alertes concernant les coupures d’eau. Parmi les cas inquiétants, le jeune président de l’observatoire a rappelé que la localité de Bir Thlathin à Tataouine a subi une pénurie d’eau pendant trois mois.

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L’absence d’eau  suscite toujours une vive indignation et des mouvements de protestation. D’ailleurs l’observatoire a recensé plus de 110 actions de protestation sur le territoire tunisien dont 30%  à Kairouan d’après la même source et 30% pour des fuites dans le réseau de distribution de la SONEDE  à Gafsa. La majorité des alertes viennent  de Gafsa, Kairouan, Tataouine et Le Kef. Le rapport de l’observatoire indique que globalement 43% des alertes proviennent de ces gouvernorats. Gafsa est le gouvernorat qui enregistre le plus grand  nombre d’alertes avec 207 alertes, suivi de Kairouan avec 77 alertes, Tataouine 40 alertes.  Alaa a exprimé le soutien de l’observatoire aux protestataires et a pointé du doigt la SONEDE et le ministère de l’Agriculture.

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Radhouane Fatnassi,  président du Forum tunisien des droits sociaux et économiques, section de Kairouan, est revenu sur le problème de l’accès à l’eau à Kairouan. D’ailleurs, ce gouvernorat est l’un des gouvernorats les plus concernés par les alertes en eau.  Il  a fait savoir qu’en dépit de l’existence d’importantes ressources hydriques dans le gouvernorat, à savoir 70 lacs et trois barrages, le problème de l’accès à l’eau persiste et la protestation à cause de la difficulté à accéder à l’eau va crescendo.

L’intervenant a indiqué que parmi les problèmes principaux figurent le problème du raccordement à l’eau par le biais des groupements d’eau, qui prennent en charge la distribution de l’eau et vu qu’ils n’honorent pas leurs dettes soit par mauvaise gestion ou absence de fonds, les localités qui dépendent de ces groupements se retrouvent pénalisées. La pénurie  d’eau touche également le secteur de l’éducation, car selon lui, sur les 312 écoles qui existent dans le gouvernorat, 179 d’entre elles souffrent de pénurie d’eau ou de problèmes de raccordement à l’eau potable. Par ailleurs, il a souligné la nécessité de lutter contre le phénomène du raccordement à l’eau arbitraire et le forage de puits sans autorisation qui épuisent la nappe phréatique.

Originaire de Gafsa, expert en développement durable, Houcine Rhili est revenu sur  le cas de Gafsa. Les coupures d’eau sont devenues récurrentes  depuis sept ans. Il a pointé du doigt la forte utilisation de l’eau par la CPG  : « Je crains qu’un jour on ne soit devant un dilemme soit produire le phosphate ou boire de l’eau », regrette-t-il. Par ailleurs, il a indiqué que la nappe d’eau du bassin minier commence à s’épuiser  et la SONEDE ne se préoccupe pas de remplacer les injecteurs d’eau.

Sami Oun, activiste dans le domaine environnemental,  a déclaré que sept entreprises pétrolières exercent dans le gouvernorat de Tataouine. Ces entreprises utilisent  une grande quantité d’eau selon notre interlocuteur. Et de rappeler la crainte de la société civile de l’exploration du gaz de schiste à Tataouine qui est une activité qui nécessite d’énormes quantités d’eau. Bonjour les dégâts !

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