Toute révolution est unique

société civile

Existe-t-il des similitudes entre la révolution tunisienne et cubaine? Tel était le débat d’hier organisé par l’organisation Alba Malta North Africa, coordination Tunis, tenu à la faculté  des Sciences juridiques à El Manar. Le sujet  est l’expérience cubaine : après l’effondrement de l’URSS et 50 ans d’embargo, Cuba s’en sort plutôt bien.

Rencontré lors de ce débat, Victor Dedaj, directeur du site en ligne “Grandsoir”, a mis l’accent sur  la non-similitude entre la révolution cubaine et tunisienne. Il déclare: « Je dirais même de  la non-similitude avec les autres révolutions. Combien de pays au 20 ème siècle ont-ils connu un revirement complet de politique?  Très peu. Or il faut faire la nuance entre ce qu’on a qualifié de révolution et une  guerre de libération. A titre d’exemple, le Vietnam, n’était pas une révolution, mais plutôt une guerre de libération, contrairement à la révolution cubaine, qui est unique. ».

D’après lui, le  terme même de révolution est un long  processus. Il précise, en effet: « On se débarrasse de nos dictateurs, de la tutelle de l’étranger, mais le plus important dans une révolution est de changer les rapports entre un pouvoir et son peuple. La révolution est décidée à  80%  par la population, qui veut du changement. Et  ce n’est pas une révolution facebookée,  ou colorisée, elle n’est ni orange ni jasmin. De ce fait, il faut faire davantage confiance au peuple, si et seulement si le pouvoir et le peuple ne font qu’un ».

 Rafaa Tabib, chercheur en anthropologie à l’Université de la Manouba, et spécialiste de la libye,  a précisé que le succès de la révolution cubaine tient au fait qu’elle a su développer des outils, des instruments de résistance tirée de sa propre expérience, de son savoir-faire mais aussi de sa clarté politique.

Quant à l’impact de l’expérience cubaine sur certains pays du monde arabe, en particulier la Tunisie, il a répondu: « Bien sûr en Tunisie, la chose paraît un peu lointaine car les relations entre les deux pays n’ont jamais été serrées. D’abord parce que la Tunisie reste un pays aligné sur les positions occidentales. En revanche, nous aurions  pu tirer profit de l’expérience cubaine, notamment dans l’enseignement, leurs expériences agricoles, comment sont-ils arrivés à sauvegarder leurs ressources ou leur autosuffisance alimentaire pendant près d’un demi-siècle malgré l’embargo des Etats-Unis. ».

Et de poursuivre: « Nous vivons dans une période post-révolutionnaire, dans une crise multiscalaire. Si on a quelque chose à apprendre des Cubains c’est d’abord leur créativité parce que ce sont des gens qui ont su garder leur environnement. Et ce n’est qu’à partir de là qu’ils ont développé  des solutions. Contrairement à nous qui  sortons d’un soulèvement populaire d’envergure et que pour trouver des solutions économiques, nous n’avons trouvé rien de mieux que de faire appel au FMI ».

Il conclut: « Si nous voulons réussir, il faut que nous soyons créatifs et que nous tirions profit de la manière dont les autres ont pu résoudre leurs difficultés en usant de leur intelligence et en mettant en valeur leurs propres capacités. Tout comme il ne faut pas oublier que Cuba a soutenu la cause palestinienne, contrairement à la position de l’Union européenne ainsi que les Etats-Unis qui soutiennent aveuglément Israël ».

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