Protestations contre les nouvelles conditions d’accès à l’ISM

Ils étaient nombreux ce matin à manifester sur fond de grève générale devant le ministère de la Justice pour signifier leur fin de non-recevoir des nouvelles mesures prises  en ce qui concerne l’accès à l’Institut Supérieur de la Magistrature. Reportage.

Les facultés de Droit ont observé aujourd’hui, comme cela a été annoncé, une grève générale pour protester contre les nouvelles conditions imposées pour l’accès à l’Ecole supérieure de la magistrature. Tôt ce matin du mercredi, la foule des protestataires s’est ébranlée depuis la place de la Kasbah jusqu’au siège du ministère de la Justice où ils se sont rassemblés pour donner libre cours à leur colère face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leurs droits et à leur profil de carrière.

Tout a commencé, rappelons-le, avec l’annonce des autorités concernées de la révision des conditions d’accès à l’ISM et qui se résume en l’exigence d’un mastère pour pouvoir postuler au concours d’entrée. Concernant ce point précis,  par le passé seule la maîtrise était exigée. Ensuite,  avec l’instauration du système LMD, l’on a posé comme condition l’obtention de la licence.

Cette annonce de changement des conditions en vigueur a suscité moult réactions de désaveu  parmi les principaux concernés, les étudiants et  tous ceux   qui ont  un rapport avec le sujet comme les enseignants de droit ,  les organisations syndicales estudiantines, les parents d’étudiants et les juristes d’une manière générale.

C’est toutefois la parution de la circulaire qui a  confirmé les appréhensions  de chacun et exacerbé la colère en stipulant noir sur blanc que, désormais, les étudiants qui  se prédestinent à passer le concours  d’entrée à l’Institut supérieur de la magistrature devront avoir le niveau du mastère en droit ou en  sciences juridiques.

« Pourquoi maintenant et dans ce contexte précisément ? »

L’Union générale des étudiants tunisiens (UGET) est montée au créneau pour exprimer son désaveu total  de ces mesures qu’elle a jugées « arbitraires et irrecevables ».  C’est pourquoi, une décision de grève générale a été prise,  largement suivie au niveau des facultés et instituts de droit  du pays. Les grévistes ont insisté que leur mouvement de protestation continuera jusqu’à ce qu’il soit donné une suite favorable à leurs revendications, soit  le maintien des anciennes dispositions en vigueur.

Le mouvement de la matinée du mercredi 15 mars a vu la participation de centaines d’ étudiants brandissant affiches et banderoles  pour dénoncer ce qu’ils considèrent une atteinte à leurs droits légitimes et une privation en bonne et due forme  «  des possibilités – déjà réduites- d’évolution et des perspectives de carrière ».

«  Jeter de l’huile sur le feu… »

«  C’est une véritable aberration. Les autorités s’imaginent qu’en exigeant le mastère, ils vont atteindre l’objectif de l’amélioration du niveau.  Ils oublient que le Mastère est principalement destiné à la recherche. Quel rapport cela a-t-il avec la notion de métier et de débouchés professionnels ? », souligne A.M., avocat de son état,  présent parmi la foule des  étudiants en colère, et d’enchaîner : «  Si problème il y a,  cela ne peut être dû qu’au système instauré et aux programmes d’études  exécutés. Pourquoi occulter les véritables lacunes et chercher à envenimer davantage la situation? Et puis pourquoi aborde-t-on cette question maintenant et dans ces circonstances précisément ? N’est-ce pas là une entreprise qui consiste à jeter de l’huile sur le feu. La réponse à ce type de questions – si réponse il y a –  nous révélera bien des surprises croyez-moi.. », prévient-il.

 

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