Youssef Chahed: “Nous n’avons pas suffisamment travaillé sur le volet économique”

Invité sur la chaîne TV5 monde, le Chef du gouvernement, Youssef Chahed, a dressé un bilan général de la situation du pays. D’après lui, en nommant un chef de gouvernement jeune, plus jeune que Justin Trudeau ou Matteo Renzi, le Président de la République, Béji Caïd Essebsi, a voulu montrer la voie qu’il est temps que les jeunes prennent la relève pour l’avenir du pays. 

Il déclare ainsi: “La jeunesse tunisienne qui est à l’origine de la révolution tunisienne, n’a pas  été suffisamment représentée dans la vie politique”. Selon lui, le vrai pari à relever est de créer une nouvelle classe politique et de renouveler les décideurs économiques pour les trois prochaines années.

Le constat six ans après le 14 janvier

“Nous avons constaté que la jeunesse tunisienne n’a pas voté aux élections et n’a pas non plus participé au processus démocratique. Il est grand temps que cela change pour que cette jeunesse soit un acteur éminent dans la vie politique ainsi qu’associative”, a-t-il dit.

Quant à la participation des femmes: “Nous sommes le seul gouvernement qui compte huit femmes aux postes clés à la tête des ministères : une ministre des Finances, une ministre de la Santé et une ministre de l’Energie et des mines … C’est un message fort que nous avons voulu faire passer.”

Interrogé sur l’échec du gouvernement, il a déclaré: “Nous avons été franc dans notre discours, je me suis adressé aux Tunisiens lors du vote de confiance dans lequel j’ai annoncé tous les chiffres dans une transparence que les Tunisiens veulent entendre. Le constat six ans après, c’est que la Tunisie a réussi sa transition politique, notamment à travers la réussite des élections 2014, le CSM qui sera prochainement créé, idem pour la Cour constitutionnelle. Il est vrai que toutes ces avancées démocratiques ne se sont pas malheureusement accompagnées d’avancées économiques et sociales.”

Et de poursuivre: “Sur le volet politique, des changements ont été réalisées mais  nous n’avons pas suffisamment travaillé  sur le volet économique. Aujourd’hui, nous avons besoin de réformes : les réformes de la Caisse de sécurité sociale, de l’administration,du financement public, de la restructuration des entreprises publiques. Ces réformes vont nous permettre d’établir des priorités, de fixer des objectifs clairs et de pouvoir booster l’économie et assurer une croissance à deux chiffres.”

Sur le plan sécuritaire, si les terroristes ont attaqué le musée du Bardo c’est pour faire échouer le processus démocratique, souligne-t-il.

Par ailleurs, M Chahed a fait savoir que le secteur du tourisme  vient de reprendre, tout en poursuivant qu’il y a un retour progressif des touristes européens. Il précise: “Grâce aux efforts déployés par nos sécuritaires plusieurs pays ont levé la restriction de voyage à destination de la Tunisie.”

Quant au retour des terroristes revenant des zones de conflit, il a déclaré : “Nous avons un cadre légal qui nous permet de gérer au mieux la question, a-t-il ajouté et l’Union européenne nous soutient, comme la France, l’Allemagne, l’Italie. Il faut comprendre aujourd’hui, qu’on ne parle pas de soutien économique en termes monétaires, mais d’un soutien politique.”

La question de la crise de la Libye a été évoquée à la fin du débat: “La situation libyenne nous cause de graves préjudices aussi bien en termes sécuritaires qu’économiques”, a-t-il conclu.

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