La culture boursière et son impact sur le développement du marché financier

Bilel Sahnoun, Directeur Général de la Bourse de Tunis, a donné une conférence sur la culture boursière en Tunisie aux étudiants de l’Université Montplaisir de Tunis.

Pour bien mettre le sujet dans son contexte, Bilel Sahnoun a préféré commencer par une étude menée par Standard & Poor’s  qui fait ressortir qu’il existe 3,5 milliards individus dans le monde qui n’ont aucune culture financière,  même pas les rudiments de base, et qu’uniquement 34%  de personnes possèdent une culture financière de base.

En ce qui concerne les pays arabes, il n’existe que cinq pays arabes  dont les ressortissants possèdent une culture financière supérieure à la moyenne «  sans parler de la culture boursière spécifique et spécialisée », s’interroge-t-il.

Revenant sur le cas de la Tunisie, il a estimé qu’il n’existe que 0,6% de Tunisiens qui ont recouru à  des opérations boursières. Faisant une comparaison avec la France, il a estimé que le  taux est de l’ordre de 10%. Aux États-Unis, deux sur trois Américains ont effectué une opération boursière.

Expliquant l’attrait des Américains pour la culture boursière, il a indiqué que 85% des volumes des transactions boursières aux  Etats-Unis sont gérés  par les fonds de pension et ce sont les fonds de pension qui font  que  tous les épargnants américains détiennent indirectement des investissements en bourse.

D’après lui, l’avantage de cette procédure  est de renforcer l’épargne nationale. Ce qui fait d’elle une opération pérenne :   « Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous », regrette-t-il.  Et de rappeler que le taux d’épargne national était de l’ordre de 22% en 2010 avant de chuter à 11%.

Le président de la Bourse de Tunis a indiqué que la Tunisie a  consommé la moitié de l’épargne nationale, et ce,  pour trois raisons : la dégradation du pouvoir d’achat  puisque le ménage tunisien a eu recours à son épargne pour subvenir à ses besoins.

La deuxième raison est relative au manque de culture boursière, un manque qui persiste malgré tous les efforts déployés par la Bourse de Tunis : «  nous avons entamé depuis 2012 un programme d’e-learning appelé Investia Academy,  mis en place l’année dernière, nous n’avons jamais décliné une invitation pour parler de la Bourse et de la culture boursière,  nous avons mis à la disposition de toutes les universités une salle de marché, gratuitement,  avec accès au flux de marché à toutes les données et statistiques boursières, nous allons procéder à une signature d’une convention avec des universités pour recevoir  des étudiants dans le cadre du PFE malgré notre capacité d’accueil limitée  ».

Dans le cadre de la vulgarisation de la culture boursière, il a annoncé qu’une  convention sera signée entre la Bourse de Tunis et le ministère  de l’Education pour essayer d’intégrer pour les prochaines générations quelques cours sur la bourse et la finance.

La troisième raison c’est l’absence d’incitations pour la collecte de l’épargne  : «  Aujourd’hui l’assurance vie est la locomotive de l’épargne nationale, le montant collecté ne représente que 2% du PIB », dit-il.

« Malheureusement aujourd’hui, au niveau des assurances il n’y a pas d’incitations fiscales ou autres pour que ces produits d’assurance drainent davantage d’épargne et d’épargnants, pas d’incitations non plus pour les employeurs afin de constituer un  plan retraite complémentaire en faveur des employés », étaye-t-il

En conclusion, le président de la Bourse de Tunis a indiqué que « nous avons besoin d’un arsenal législatif pour démocratiser les produits boursiers  et développer une activité de marché afin de drainer davantage d’investissements ».

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