De la femme complémentaire à la femme subsidiaire !

femme tunisienne

La Tunisie vient de fêter la Journée internationale de la femme. Elle saisit cette opportunité pour faire le bilan de la promotion féminine, œuvre du président Habib Bourguiba. Prenons la juste mesure des acquis, qui a placé notre pays à l’avant-garde, érigé la tunisienne en citoyenne de plein droit. 

Mes travaux : la femme tunisienne, sujet ou citoyen ? (Tunis, MTE, 1980) et « les Emancipée du harem, Tunis, La Presse, 1992) m’ont permis d’esquisser un bilan : une promotion statutaire, inscrite sur le terrain, par la scolarisation et l’entrée dans le monde du travail. « Je travaille donc je suis », dirait la Tunisienne.

La timidité des réformes, dans l’aire arabe, voire l’échec de certaines d’entre elles, fait de l’expérience tunisienne un modèle, jalousé par les uns, combattu par les autres. De nouveaux acteurs du « printemps tunisien », s’érigeant en alternatives politiques salvatrices, posèrent la question du statut de la femme. Mais ils ne purent la remettre en question, puisqu’elle est entrée dans les mœurs et qu’elle fut énergiquement défendue.

Une stratégie diplomatique permit de détourner la difficulté. La femme fut définie comme « complémentaire », citoyenne de seconde zone, dans le projet de statut érigé par la Troïka.

Suite à l’affrontement bipolaire et à l’institution du « dialogue national », une révision salutaire du projet de constitution corrigea le tir. Les droits des femmes furent reconnus. Pouvait-on les nier dans le processus de démocratisation institué solennellement? On ne pouvait faire valoir les Droits de l’homme, en remettant en cause l’égalité du genre.

La participation de prés d’un million de femmes à la victoire du parti Nida Tounes, lors des élections de 2014, et l’élection présidentielle qui s’en suivit, devaient confirmer les acquis et mettre en œuvre leur réactualisation et leur promotion.

Les listes électorales adoptèrent comme normes fondatrices, l’égalité hommes-femmes, comme exigence. Elles devaient être améliorées par l’établissement de l’égalité dans les têtes de listes. D’autre part, la mobilisation féminine mit à l’ordre du jour la dénonciation de la discrimination et l’usage, hélas fréquent, de la violence, encore fréquent à l’égard des femmes.

Usage machiavélique, une stratégie diplomatique, ne contestant pas les acquis, mais les condamnant dans les faits, est désormais à l’œuvre.

Sous prétexte d’améliorer la condition féminine, on se propose d’augmenter le congé de maternité : un mois avant l’accouchement et quatre mois après.

Cette promotion régressive, rend aléatoire la vie professionnelle des femmes, aliène sa promotion, à l’instar de l’homme et la confine dans un statut subsidiaire, une nouvelle formule du retour au foyer. Qui recruterait un fonctionnaire, absent durant cinq mois ! Prenons garde, cette « promotion « régressive, remet en question la participation de la femme à la vie active, affecterait son statut d’égalité et nierait les progrès accomplis sur le terrain.

[raside number= »3″ tag= »femmes »]

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here