L’année scolaire prise en otage

Le bras de fer entre les syndicats de l’enseignement primaire, syndicats de l’enseignement secondaire et le ministre de l’Education Néji Jalloul a réussi à diviser l’opinion publique tunisienne.

En effet, deux idées principales divisent l’opinion publique et chacun voit midi à sa porte. Ceux et celles qui défendent les syndicats avancent que le bras de fer actuel n’est que la manifestation du droit syndical d’une part tout en affirmant que le syndicat est un partenaire qui doit être consulté bien avant de prendre toute les décision, certains avancent même que révoquer le ministre de l’Education est une revendication syndicale et pas politique.

L’autre partie  voit les choses autrement. En effet, pour eux les syndicats ont dépassé leur cadre initial, à savoir la défense des intérêts sociaux des enseignants et des instituteurs pour interférer dans la sphère politique tout en faisant la politique sous couverture syndicale.

Il semble que les choses ne vont pas se calmer pour bientôt. En effet, malgré les tentatives du secrétaire général de l’UGTT,  Nourddine Taboubi, pour apaiser la situation voici que le secrétaire général du syndicat général de l’enseignement primaire tient à la revendication de révoquer Neji Jalloul. Il a estimé ce matin dans une déclaration aux médias qu’il considère Néji Jalloul comme un ministre démissionnaire et que sa révocation demeure en tête de toutes les  revendications.

La société civile, quant à elle, a son mot à dire. Brahim Missaoui,  président de l’Association tunisienne de la lutte contre la corruption, affirme dans une déclaration accordée à leconomistemaghrebin.com qu’indépendamment de la légitimité des revendications des syndicats, il faut que la loi gère les affaires politiques et pas le contraire.   «  Dans les pays développés, il est question d’obéir à la loi et il n’est pas admissible de laisser les syndicats exercer leur pouvoir de la sorte », considère-t-il.   Et  d’ajouter que conformément aux règles de la bonne gouvernance, c’est au politique de prendre la décision de nommer et de révoquer les ministres, rappelle-t-il.

Les parents d’élèves ont aussi leur mot à dire. L’association des parents d’élèves  fait de son mieux pour ne pas arriver au stade de l’année blanche et de la suspension des cours. Son président Taoufik Chahdoura affirme à leconomistemaaghrebin.com que la manifestation tenue samedi matin n’a pas comme objectif de défendre Néji Jalloul mais c’est plutôt une protestation pour rappeler l’avenir des enfants et des élèves. Il a indiqué que tout en considérant que le syndicat en tant que tel est avant tout préoccupé par des revendications sociales, il ne doit pas perturber les cours, ce qui ne ferai que nuire à l’avenir des élèves. «  J’espère que les syndicats et le ministère régleront leurs différends en gardant à l’esprit l’avenir des élèves », conclut-il.

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