Lapidation d’un crocodile au zoo de Tunis : trop c’est trop!

Crocodile zoo L'Economiste Maghrébin

L’agression qui a provoqué la mort d’un crocodile a de quoi nous alerter. Certains peuvent penser qu’il ne s’agit là que de la mort d’un animal. Mais le mal est plus profond.

“Crocodile stoned to death at Tunisia zoo” (Crocodile lapidé au zoo de Tunis). Tel est le titre de l’article consacré le 1er mars 2017 par le site du quotidien anglais The Guardian à ce qu’on pourrait appeler la barbarie du zoo de Tunis.

Faut-il faire remarquer que The Guardian n’est pas un quotidien comme les autres. Né en 1821, il est en fait un journal de qualité largement lu au-delà du Royaume uni. Diffusé à près de 200 000 exemplaires, il possède une édition européenne distribuée dans 16 pays du Vieux continent.

Impossible n’est pas tunisien!

L’information est parue le lendemain du fameux rapport britannique sur l’opération terroriste de l’été 2015 à l’hôtel Imperial Marhaba, à Sousse, qui a fait 30 morts de nationalité britannique, indiquant que «les forces de sécurité tunisiennes ont réagi de manière chaotique.»

C’est dire l’image que pourrait laisser dans l’imaginaire britannique de notre pays l’assassinat d’un animal qui a toujours fait le bonheur des visiteurs du parc du Belvédère.

Impossible n’est pas tunisien pourrait-on malheureusement dire au vu de ce que les Tunisiens ont pu observer des comportements de leurs concitoyens depuis quelques années.

Un acte isolé ?

A croire que la dictature- en raison du poids du bâton- a longtemps fonctionné comme un couvercle pour dérober aux regards de tout un chacun des travers de nos comportements à tous; et que de ce point de vue, la libération du joug de cette dernière a favorisé, pour ainsi dire, l’ouverture de la boîte de Pandore.

Qui d’entre nous n’est pas en effet plus d’une fois resté bouche bée devant les agissements de l’un des nôtres. Aurait-on imaginé que des Tunisiens puissent aller, à l’occasion de certains événements, aussi  loin?

Le reflet d’un état d’esprit

On pourra dire- encore une fois- qu’il s’agit là d’un acte isolé. On pourrait l’admettre. Pourquoi pas. Mais force est de constater que le mal est maintenant fait. Et qu’une âme bien née va totaliser cet événement. Avec cette propension que nous avons souvent tous de tirer des conclusions hâtives.

Certains trouveront, peut-être, dans la description faite par Ibn Khaldoun des Arabes, – né à Tunis, et qui s’est imprégné de la culture de son peuple -, pour dire que nous sommes là devant un trait distinctif d’ «un peuple farouche, chez lequel la rudesse des mœurs s’est ancrée au point de devenir un tempérament propre et un naturel.»

Il y a toutefois des signes qui ne trompent pas. Les attaques contre des établissements publics, la détérioration que ne cesse de connaître l’environnement, l’indiscipline qui s’installe notamment au niveau de la circulation dans nos villes… sont le reflet d’un état d’esprit qui est loin d’être le fait d’une seule personne.

Enlaidissement de notre quotidien

Faut-il insister, ici, sur le fait que nous n’irons pas bien loin en empruntant ces travers. Est-il, à ce propos, encore trop tôt pour prendre conscience que ce vécu n’est pas, peut-être si nous ne faisons rien, près de s’arrêter ?

Nul doute que la vie est devenue on ne peut plus difficile. Que la jeunesse- ou du moins une bonne partie d’entre elle- a été sacrifiée sur l’autel de choix politiques largement irresponsables. Que cette dernière ne voit que des horizons bouchés. Et réagit quelquefois agressivement. Quoique le mal soit bien plus profond.

Mais n’est-il pas le moment de dire devant l’enlaidissement de notre quotidien, et en chœur, que trop c’est trop!

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