Crise à l’UNFT : qui a tort, qui a raison ?

Dorra El Elmi, membre  de l’Union nationale de la femme tunisienne, 57 ans, a déclaré, lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui à Tunis, avoir subi des pressions sans pouvoir  agir, notamment la baisse de son salaire et celui de ses collègues de 200 à  300 dinars.

Elle accuse Radhia Jerbi, la présidente de l’UNFT, d’en être responsable.Elle déclare : “ Après 32 ans de service, en fin de carrière,  mon salaire s’est trouvé diminué de 200 dinars. Sur le plan juridique, la présidente n’a aucun droit légalement  de réviser à  la baisse mon salaire. D’ailleurs  je ne suis pas la seule à me trouver dans cette situation. La pression est devenue énorme depuis que Mme Jerbi a pris ses fonctions à la tête de l’organisation. Il y a des moments où je me demande quand tout cela  va finir. C’est une bataille permanente qui n’en finit pas”. Elle s’insurge également contre le fait d’avoir été  traînée en justice. “Qu’avons-nous fait de si grave pour mériter un procès ?”, proteste-t-elle.

Même situation pour Mongia Zbidi, une des membres, laquelle affirme que la présidente ne représente guère l’organisation. Elle précise: “ Nous ce que nous demandons c’est que justice soit faite. L’union ne lui appartient pas, elle appartient à toutes les femmes tunisiennes”.

Face à ces accusations, nous avons contacté Radhia Jerbi, la présidente de l’UNFT, qui a démenti la réduction des salaires. Elle précise dans ce contexte : “ Bien au contraire, il y a eu une augmentation de salaire de 63 fonctionnaires et la régularisation de la situation de 20 autres salariés, pour diverses raisons ( un diplôme non reconnu, absence de couverture sociale durant les premières années de leurs fonctions). Ils ont eu l’intégralité de leurs salaires de 10 mois de travail depuis un  bon moment”.

Elle poursuit: “Je pense que Mme El Elmi peut dire ce qu’elle veut. Il est vrai  que pour quelques uns, en effet, il y a eu un léger problème. Mais ce n’est pas Radhia Jerbi qui en est en partie responsable. Je n’y suis pour rien.  Si cela avait concerné tout le monde, dans ce cas,  nous aurions eu tous les fonctionnaires sur le dos et non quelques-uns. Je pense qu’elle est manipulée”.

Selon elle, les fonctionnaires ont mis en place une convention collective, un genre de  statut : “ Je n’ai fait qu’appliquer la loi, je ne l’ai pas inventée. Si Mme Dorra se sent lésée, en tant que syndicaliste, elle peut en discuter dans les réunions et non dans  une conférence  de presse”, conclut-elle.

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