Le crowdfunding, ça vaut le coup d’essayer

Les autorités compétentes sont ouvertes à la réforme et à l’introduction du crowdfunding  en Tunisie. Ce moyen de financement participatif se présente de plus en plus comme une pratique efficace pour le financement des projets. Telles sont les conclusions qu’on peut retenir de la première journée du 1er Forum sur le crowdfunding en Méditerranée qui se tient les 27 et 28 octobre, organisée par la CONECT.   

Tarek Chérif, président de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), a indiqué, lors de son intervention, que l’absence ou le manque de financement est l’une des causes principales de l’échec des projets.

A cet égard, il a indiqué que les promoteurs, notamment les porteurs d’idées de projets parmi les jeunes, se trouvent souvent contraints d’abandonner leur parcours de lancement de leur projet à un stade pourtant très avancé après des efforts déployés ( étude, élaboration de business plan, formation, coaching, contact avec l’administration). Ce problème a causé déception et frustration parmi les jeunes, notamment dans les régions ayant besoin de projets et d’investissement. Cette réalité a été aussi constatée par les équipes de la CONECT dans plusieurs régions à travers des road shows réguliers organisés dans 15 sur les 24 gouvernorats recensés.

En effet, plusieurs projets adaptés aux spécificités des régions n’aboutissent pas  par  manque de financement. Raison pour laquelle, la CONECT a multiplié les initiatives dans ce sens en lançant des actions de promotion de nouveaux modes de financement à l’instar du Private Equity et en développant la coopération avec la Bourse des Valeurs Mobilière de Tunis et autres institutions

Pour Tarek Chérif, le Crowdfunding peut constituer «  la réponse adéquate tant attendu au problème de l’inadaptation des systèmes de financement traditionnel à la situation et aux besoins des nouveaux promoteurs ».

De son côté, Gilles Chausse,  le directeur de l’Agence Française de Développement (AFD) à Tunis a estimé que le Crowdfunding pourra fournir 2000 milliards de dollars, à travers le monde, à l’horizon 2020.  En outre, il considère que l’univers d’internet et celui des réseaux sociaux demeurent un accélérateur important pour la propagation de ce genre de financement.

Sur un autre volet, Thameur Hemdane, co-président de l’Association internationale crowdfunding en Méditerranée (FPM),  a précisé que le Crowdfunding  comprend trois volets : l’ investissement, le don et le prêt. Il  a crû de manière considérable dans le monde d’environ 500% entre 2013 et 2015.

Lors du deuxième panel intitulé : ” L’état des lieux et des pratiques du crowdfunding en Méditerranée et en Afrique”, Mme Douja Gharbi, première vice-présidente de la CONECT, a présenté une étude sur le crowdfunding, réalisée dans huit pays par Switch-Med.  L’objectif principal de l’étude est d’avoir une vision globale sur le marché du crowdfunding dans ces huit pays (l’Algérie, l’Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Lybie, Maroc, Tunisie et Palestine) et de voir dans quelle mesure le crowdfunding constitue un levier de financement du développement de l’éco-entrepreneuriat.

L’étude montre que, comme il n’existe pas un cadre législatif pour le financement participatif, il existe une plateforme en dehors des pays  qui finance des projets dans ces pays mêmes. L’étude a recensé 3000 campagnes réalisées et 354 associations qui ont bénéficié de ce mode de financement.

L’étude a relevé aussi qu’Israël est leader en matière de crowdfunding et qu’elle dispose de législation adéquate pour ce domaine.

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Publié le 28/10/2016 à 17:01

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