Chedly Ayari : « Le crowdfunding, ce financement où l’Etat doit intervenir »

Chedly Ayari, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, est revenu sur le crowdfunding , lors de son intervention dans le cadre du  premier  Forum sur le Crowdfunding en Méditerranée qui se tient les 27 et 28 octobre à Tunis. Tout en indiquant ses mérites, il s’est prononcé pour la nécessité de mesurer les risques de ce mode de financement. 

Pour Chedly Ayari, il s’agit de trouver des systèmes qui puissent dynamiser la demande et l’offre de financement. Ainsi, le gouverneur de la BCT a considéré que le crowdfunding est une sorte de révolte contre l’intermédiation classique (bancaire et autre).

Les PME et les TPE ne s’y retrouvent pas dans  le système de financement du secteur bancaire ou même celui des marchés classiques, et ce, pour diverses raisons d’après le gouverneur de la Banque centrale. Cela ne concerne pas uniquement la Tunisie.

« Nous avons un problème d’intermédiation optimale en fonction des besoins. Autant comprendre qu’une  grosse affaire ou infrastructure ou un immense investissement a besoin d’une structure financière classique faite de banque ou de marché, autant comprendre qu’on arrive à des formes de financement adaptées aux PME et TPE », étaye-t-il avant de considérer que le monde du financement classique s’avère devenir de moins en  moins adapté aux PME et TPE en  Tunisie comme ailleurs. Ainsi le crowdfunding vient comme étant la négation de l’intermédiation classique.

Revenant sur le secteur de la microfinance, M. Ayari a indiqué que ce secteur a réalisé « d’importants résultats  mais, semble-t-il, ils s’avèrent  insuffisants », d’où l’intérêt pour ce nouveau genre de financement pour les PME.

Cependant un point se pose concernant le crowdfunding et ce malgré tous ses mérites : « Il faut mettre  en place des instruments pour pouvoir mesurer les risques du crowdfunding, indique le gouverneur de la Banque centrale,  car  demain il ne pourra y avoir un système financier qui soutienne le crowdfunding  que si le risque a été mesuré ».  Pour souligner l’importance de sa réflexion, M. Ayari a rappelé qu’il ne s’agit pas de don mais il s’agit de l’argent des épargnants qui souhaitent le faire fructifier.

Sans donner de réponse, Chedly Ayari s’est interrogé s’il est possible d’évaluer les risques du crowdfunding à partir de l’expérience de la microfinance. Cependant, il a estimé qu’il est nécessaire de penser à un système d’assurance pour le crowdfunding étant donné qu’il n’est pas admissible de laisser les gens donner leurs épargnes à des projets dont le sort n’est pas connu sans donner de garanties aux épargnants, lesquelles garanties devraient être adaptées à la nature même du  crowdfunding.  » L’Etat doit intervenir », insiste-t-il.

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