Le rôle de la Bourse dans le financement du développement

BMCE BIAT

L’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES) organise aujourd’hui, en collaboration avec le ministère des Finances et  la Fondation allemande KAS un atelier stratégique sur « Le rôle de la Bourse dans le financement du développement ».  

Objectif : alimenter les travaux de la commission sur la «croissance économique et le développement régional», dans le cadre de l’étude stratégique portant sur la Tunisie en 2025. Les recommandations dégagées de ce séminaire permettront de déceler les défaillances qui existent dans ce secteur et de lister les idées d’actions à mettre en place pour y faire face. Les travaux de l’atelier se dérouleront sous forme de cinq ateliers, à savoir :

  • Accroître le financement de l’économie par le marché financier
  • Améliorer le taux de l’épargne nationale
  • Lancement de nouveaux produits et service boursiers   
  • Regagner la confiance de l’investisseur
  • Faire de Tunis une place financière régionale

Argumentaire

Dans les pays émergents ou développés, le marché financier joue plusieurs rôles. Etant source de financement de l’économie (40% en Europe jusqu’à 60% aux USA), le marché financier permet de lever d’importants fonds pour financer les entreprises, les collectivités locales, ou les projets d’infrastructure, que ce soit en fonds propres ou sur le marché de la dette obligataire.

Ces niveaux n’auraient été possibles si la capitalisation boursière n’était pas consistante (50% du PIB au Maroc, 70% en Jordanie, plus de 100% dans les places développées), offrant aux investisseurs différents choix guidés par le risque, le rendement, ou la stratégie d’investissement.

D’autre part, le marché financier permet de collecter et fixer l’épargne nationale. En effet, outre les petits porteurs, la part la plus importante des faiseurs de marchés est détenue par des Institutionnels (banques, assurances, fonds d’investissements, fonds de pension, …), qui, à leur tour, ont développé plusieurs offres et profils d’investissement qui répondent aux soucis divers et variés de leur clientèle. A titre d’exemple, les Fonds de Pensions aux USA détiennent 85% du marché.

La taille de ces marchés intéresse une large panoplie de professionnels de l’industrie financière, des structures de places ont été constituées pour harmoniser les actions, faire converger les intérêts et porter une seule voix auprès des législateurs. C’est le cas de la City à Londres, d’EUROPLACE à Paris, et tout récemment de Casablanca Financial City au Maroc.

Le rôle de ces places sur la scène internationale devient un moteur de toute la politique étrangère d’un pays et un véhicule de communication avec les grands investisseurs étrangers.

Le marché financier tunisien souffre de sa petite taille, de la faiblesse des champs d’intervention, de l’absence de son rayonnement et de sa visibilité à l’international mais également d’un ensemble d’indicateurs qui mettent en exergue ces carences.

La contribution du marché financier dans le financement de l’économie peine à atteindre les 10 %, la capitalisation boursière étant inférieure à 25% de notre PIB.

Culturellement, nous sommes restés un marché dirigé par la dette. Le réflexe de lever des capitaux sur le marché n’a pas été facilité par un arsenal réglementaire et administratif jugé dissuasif. Notre tissu économique est essentiellement constitué par des PME qui présentent des limites dans leur financement quasi exclusivement par les banques, et pourraient, de ce fait, se voir priver de réaliser des programmes de développement ambitieux.

Un phénomène d’érosion de notre épargne nationale a été observé depuis 2011. Vraisemblablement en raison de la dégradation du pouvoir d’achat, mais aussi à cause de l’absence d’une offre diversifiée proposée par les institutionnels, qui ne viennent pas encore sur notre marché pour absence d’une réelle incitation en leur faveur.

Le marché n’a pas eu les occasions attendues pour être sollicité pour lever des capitaux pour financer le budget de l’Etat, que ce soit pour venir en aide au financement des entreprises publiques ou confisquées, ni par l’émission d’Emprunts Nationaux, fréquents et de montants compatibles avec les capacités de notre marché domestique. Cette forme de financement devrait contribuer à un changement culturel visant à inverser la structure de la dette de l’Etat, actuellement dominée par l’endettement extérieur (2/3) et où la contribution du marché domestique demeure faible (1/3).

L’absence d’une structure de place, regroupant tout l’écosystème financier, n’a pas aidé à l’harmonisation et au regroupement de nos textes de loi, à faire connaître notre potentiel et notre savoir-faire, et à promouvoir le site Tunisie comme une réelle opportunité d’investissement.

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