Mongi Rahoui décortique le PLF 2017

président de la République Mongi Rahoui - L'Economiste MAghrebin

Mongi Rahoui, président de la commission des finances, a annoncé, lors de la deuxième Matinale de l’association Alumni IHEC Carthage, que depuis 2011, les lois de finances sont suivies de lois de finances complémentaires, ce qui dénote un problème contradictoire à la mise en place des hypothèses sur lesquelles on élabore les budgets, imposant l’ajustement de ces hypothèses.

Pour le budget 2017, l’augmentation de 12,2% est une première depuis 2011 qui dénote une politique de relance au niveau des chiffres mais  également une politique d’austérité au niveau des mesures ainsi qu’une distorsion au niveau de la philosophie trahissant une fragilité économique et sociale.

Cette augmentation ne pourrait avoir un effet pervers sur l’économie tunisienne.  D’où on est amené à nous endetter d’une manière qui pourrait compromettre l’économie dans l’avenir.

M. Rahoui a affirmé que cela signifie que jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas mis en place clairement ses dispositions pour atteindre les objectifs escomptés, notamment la relance de l’investissement, la maîtrise des équilibres financiers et des agrégats économiques tels que l’endettement.

Pour ce qui est des finances publiques en général, les ressources propres de l’ordre de 74% du budget est une chose qui persiste depuis des années. Ce qui génère un bouleversement de la structure du budget depuis les années 90.

S’agissant des dispositions fiscales, Mongi Rahoui a fait savoir que quelques dispositions semblent bonnes mais que d’autres sont hors sujet dans le sens où on est amené à remettre en cause les dispositions qu’on a déjà prises auparavant.

Et d’ajouter qu’il y a certaines mesures sur lesquelles tout gouvernement devrait travailler, dont les dispositions d’impulsion de l’investissement et d’encouragement de l’emploi. Il y a d’autres dispositions qu’on devrait prendre au sérieux, ce qui demande un travail profond  pour la lutte contre le commerce parallèle et la contrebande, celles-ci ne figurent pas dans ce PLF.

Beaucoup du travail à faire, beaucoup d’interrogations suscitées, à savoir comment mettre en place un dispositif qui s’étale dans le temps basé sur des mécanismes, des instruments et des dispositions ? Quel modèle de développement économique ?  Quelles sont les hypothèses sur lesquelles on peut vraiment nous appuyer pour avoir, d’une part, un budget ambitieux et un budget qui s’inscrit dans le cadre du Plan de développement 2016/2020 et la politique du gouvernement? 

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