Les élections du CSM sous la loupe

Malika Mazzari élue présidente du Conseil de l’ordre judiciaire

Quand certains magistrats se mobilisent contre la  tenue des premières élections du Conseil supérieur de la magistrature, les positions de chacun ne font pas l’unanimité.

Dans un post publié sur son compte Facebook, Ahmed Rahmouni, magistrat de troisième grade et  président de l’Observatoire de l’indépendance de la justice, exprime son insatisfaction quant aux résultats des élections du Conseil. Selon lui, les résultats préliminaires ne représentent en aucun cas l’image de la magistrature.

Il a ajouté: «  les résultats finaux sont connus d’avance. L’un des plus hauts membres du conseil attendu, élu pour six ans, est à la fois un des « agents » de Béchir Tekkari (ancien ministre de la Justice du temps de Ben Ali) et celui de Noureddine Bhiri (ancien ministre de la Justice sous la troïka) ».

Même sentiment partagé par la juge Kalthoum Kanou, où  dans une déclaration radiophonique, elle a déclaré: « Nous avons deux catégories de magistrats, chacune a une idéologie différente l’une de l’autre. Il est vrai que je n’ai pas gagné les élections du CSM, mais on peut l’analyser autrement sur les raisons qui ont poussé les magistrats des régions à voter en ma faveur, contrairement aux magistrats de Tunis. Il y avait un mot d’ordre pour que je ne sois pas élue. Et je dénonce Noureddine Bhiri  d’en être à l’origine, car depuis 2012, il  est derrière tout ça, il avait réussi à avoir la mainmise sur le système juridictionnel ».

Evoquant l’élection de Khaled Abbes qui,  selon elle, est scandaleuse, elle a rappelé qu’un dossier à son égard a été transmis à  l’IVD, pour avoir renvoyé une image détestable de la magistrature en 2005.

Dimanche 23 octobre 2016, les Tunisiens ont vécu un moment historique. Une première dans le monde arabe, la tenue des élections du CSM qui  induira par la suite la création de la  Cour constitutionnelle. Garantir l’impartialité est la responsabilité de la justice dans la construction démocratique. Mais la question essentielle est de savoir si nous sommes aujourd’hui capables de compléter les autres phases des institutions constitutionnelles et édifier un Etat démocratique et à contribuer à la garantie d’un Etat de droit.  Attendons  voir.

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