Quel avenir pour les hôpitaux tunisiens ?

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Le déficit des hôpitaux universitaires tunisiens varie entre 4 et 7 MDT d’après la directrice générale de la santé à Tunis, Nabiha Boursalli, mais « l’Etat s’est engagé à débloquer des fonds pour y mettre fin », indique-t-elle lors du colloque ayant pour thème : « L’hôpital tunisien de demain », organisé par l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES) dans le cadre de l’étude stratégique : « Quelle Tunisie dans dix ans ? ».  

M. Hatem Ben Salem, président de l’ITES, en marge du colloque, a indiqué qu’en dépit des efforts fournis par l’Etat pour former le personnel médical et paramédical, le résultat se fait attendre.  Revenant sur la situation des hôpitaux tunisiens, il a indiqué que  «  celui qui se rend à un hôpital en sort déçu », regrette-t-il.

Poursuivant son propos, il déclare :  « L’Etat tunisien a investi des millions de dinars depuis l’indépendance  mais il est temps de revoir les mécanismes de gestion au sein des hôpitaux », avance-t-il

Ces deux déclarations viennent réaffirmer la situation critique des hôpitaux tunisiens qui se trouvent confrontés à plusieurs problèmes dont :

L’encombrement va crescendo
Etant donné la faible infrastructure médicale, plusieurs patients se trouvent  obligés de se déplacer vers d’autres gouvernorats (Tunis, les régions du Sahel) pour se soigner. D’où l’encombrement dans les salles d’attente, notamment du Grand Tunis et du Sahel.

Ainsi, ces déplacements  provoquent manifestement un encombrement dans les salles d’attente des hôpitaux du Grand Tunis et du Sahel, sans parler des désagréments causés aux patients.

Absence de médecins spécialistes et de matériel adéquat
Ce problème ne date pas d’hier. Plusieurs gouvernorats, notamment dans les régions du Sud et du Centre du pays, souffrent de manque de médecins spécialistes.

Les médecins spécialistes justifient leur refus d’exercer dans les régions de l’intérieur par : l’absence d’équipements perfectionnés, la volonté de ne pas s’éloigner de leur ville natale sans parler de ceux qu’une fois le diplôme obtenu préfèrent s’installer à leur propre compte, au lieu d’opter pour la fonction publique. A quand les bonnes solutions ? Il y a un ras-le-bol général auprès des populations concernées très compréhensible. A ce jour, aucun gouvernement n’a été capable d’adopter les mesures qui s’imposent pour traiter cette question devenue endémique.

Emigration des médecins spécialistes en France et en Allemagne
Lors des  concours d’obtention du diplôme d’équivalence permettant d’exercer en France (2015), les Tunisiens étaient présents en force. Dans certaines spécialités, comme la Radiologie et l’Anesthésie Réanimation, les Tunisiens sont carrément majoritaires. Des compétences pour lesquelles le contribuable a financé les études et qui préfèrent fuir leur pays plutôt que de subir le chaos ambiant qui hante nos hôpitaux.

Cette fuite des cerveaux que plus rien n’arrête devrait édifier les pouvoirs publics et les inciter à trouver les bonnes solutions en urgence car il y a péril en la demeure : nous risquons de devoir faire venir des praticiens du Bangladesh !

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