Comment rendre à l’artisanat tunisien ses lettres de noblesse ?

Tapis tunisien

La Chambre nationale du tapis et du tissage, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat(UTICA), tire la sonnette d’alarme devant une situation dangereuse  pour le secteur. Ezzine Tâamali, président de la Chambre,  revient sur les détails d’une crise, dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com.

A ce propos,  la Chambre a appelé ses affiliés à une réunion prévue pour le 26 octobre prochain pour évaluer la situation du secteur et se concerter sur les problèmes qui handicapent la profession.

La matière première : difficulté majeure
C’est ainsi que Ezzine Tâamali a qualifié cette  épineuse problématique qui est liée à la fois à la hausse des prix et l’indisponibilité de l’offre. Il s’agit de deux types de coton : coton câblé et coton mèche qui sont à la fois chers et pas toujours disponibles.

Bien avant le 14 janvier 2011, la production de ces matières était sous contrôle et le nombre d’infractions était minime mais «  actuellement le nombre des infractions a connu une hausse ». D’après notre interlocuteur, les usines dont la mission est de fournir la matière première font de l’exportation et ont délaissé le marché tunisien.

 » Parfois quand on passe une commande, on se trouve obligé d’attendre pendant trois mois , regrette-t-il.  Mais là, il aurait fallu satisfaire les demandes de la clientèle tunisienne avant de se diriger vers les marchés extérieurs », estime notre interlocuteur.

Manque en main-d’œuvre
« L’Etat avait instauré des mécanismes pour l’encadrement de la main-d’œuvre qualifiée au profit des artisans mais il a fini par les délaisser. Ces mécanismes consistaient , entre autres,  à confier un certain nombre d’ouvriers à l’artisan pour les former dans le cadre d’une formation payante où l’artisan et l’ouvrier sont payés. Mais ce n’est pas le cas maintenant et cette porte est à présent close », prévient-il.

Absence de vision pour la promotion des produits artisanaux destinés aux touristes

Que ce soit dans le cadre du tourisme intérieur ou celui étranger, les choses ne vont pas dans le bon sens. Ezzine Tâamali affirme que 20% de la production sont destinés au marché local, à travers les expositions organisées par l’Office national de l’artisanat, et 80% aux touristes.

Cependant avec la chute de l’activité touristique, les choses ont régressé. Notre interlocuteur regrette que l’Etat n’ait pas pris les mesures nécessaires pour le développement du secteur et pour le sauver à l’instar des mesures prises au profit des agriculteurs et des hôteliers.  « Cependant les dettes de notre secteur ne sont pas énormes par rapport au secteur agricole ou secteur touristique. Elles sont estimées à 32MD », affirme-t-il.

Projet de loi de finances 2017 : cerise sur le gâteau
Il s’agit d’un projet de loi catastrophique pour notre secteur, indique Ezzine Tâamali. Argumentant sa proposition, il a indiqué que dans le cadre du projet de loi de Finances 2017, le ministère a consacré uniquement 6MDT pour le développement de l’artisanat tunisien, une  «  somme dérisoire et insuffisante à la fois et sans oublier la TVA », juge-t-il.

Pour notre interlocuteur, le secteur de l’artisanat est aussi  capable d’apporter sa contribution à la lutte contre le terrorisme.    » C’est un secteur qui peut s’implanter facilement dans les régions défavorisées et zones rurales pour former et créer des postes d’emploi  et éloigner les jeunes du chemin du terrorisme et de l’endoctrinement »,  conclut-il.

Il est à noter que selon les chiffres de la Fédération nationale de l’artisanat (FNA), la production de tapis est passée en Tunisie de 170 000 m² avant 2011, à seulement 36 584 m² en 2013. Cependant, la valeur des exportations contrôlées par l’ONA s’est accrue de 13,4%, par rapport à l’année 2012, pour atteindre en 2013, près de 35 178 856 dinars, grâce à une reprise de l’activité touristique.   

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