Irak : début de l’offensive pour la libération de Mossoul

Mossoul bataille L'Economiste Maghrébin

« L’heure de la victoire contre Daech a sonné », a affirmé le chef du gouvernement irakien Haidar Abadi.

Il a fallu deux ans et quatre mois pour que l’Irak se décide enfin à déclencher les opérations militaires contre Daech en vue de libérer Mossoul, la deuxième ville du pays, occupée depuis juin 2014 par l’organisation terroriste de l’ « Etat islamique ».

Les opérations militaires pour la libération de Mossoul ont commencé lundi 17 octobre à l’aube avec la participation de l’armée, de la police et de forces anti-terroristes irakiennes, ainsi que des Peshmergas kurdes, sans parler des milices populaires (Hachd chaabi).

Annonçant le début des opérations, le chef du gouvernement irakien, Haidar Abadi, a affirmé à l’intention des habitants de la ville de Mossoul : « L’heure de la victoire a sonné. Nous avons commencé les opérations militaires pour vous libérer du joug des terroristes de Daech et nous fêterons ensemble très prochainement la libération de votre ville. »

L’armée irakienne et les forces kurdes ont commencé par détruire les obstacles et autres barrages de terre érigés par les terroristes. Avant de commencer les bombardements, l’armée a lancé des centaines de milliers de tracts sur la ville, demandant aux habitants de la ville de rester chez eux en attendant l’arrivée des forces armées irakiennes. Aussitôt après, celles-ci ont commencé à bombarder les terroristes dont le nombre est estimé selon les sources entre 3000 et 9000 combattants. Les bombardements ont visé également le réseau souterrain composé de nombreux tunnels que Daech a préparés dans le cadre de sa stratégie de défense.

Concernant la défense, justement, les premières heures de l’offensive anti-terroriste sont plutôt encourageantes pour l’armée irakienne qui n’a rencontré pratiquement aucune résistance. Armée et Peshmergas ont en quelques heures libéré, sans résistance aucune, une douzaine de villages environnants.

Les observateurs et analystes irakiens expliquent la facilité avec laquelle se déroule jusqu’à présent l’opération de libération de Mossoul par plusieurs raisons. Tout d’abord plusieurs cadres dirigeants de l’ « Etat islamique » ont été tués par des bombardements ciblés au cours des derniers mois et d’autres ont fui avec leurs familles vers Raqqa en Syrie. Il y a ensuite le complot découvert il y a quelques jours au sein de l’organisation terroriste. Ce complot, bien qu’étouffé, a fortement affaibli Daech qui s’est vu forcé d’exécuter de nombreux cadres et combattants impliqués. Enfin, les exactions et la terreur dont était victime la population durant deux ans et quatre mois ont privé l’organisation terroriste du soutien populaire. Avec le début de la guerre de libération de Mossoul, la population s’est révélée très coopérative avec l’armée et les Peshmergas à qui elle indique les endroits où se cachent les armes et où se concentrent les terroristes. Un autre signe évident du ras-le- bol de la population de Mossoul : quelques jours avant le début des opérations militaires, une tentative d’assassinat a visé le chef de Daech, Abou Bakr Al Baghdadi, sans succès.

Concernant les préparatifs humanitaires, le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a construit un camp pouvant accueillir 60.000 réfugiés. Un nombre insignifiant comparé au nombre d’ habitants de Mossoul qui s’élève à près de deux millions de personnes. Toutefois, les premiers rapports venus du front indiquent que plusieurs heures après le début de l’offensive, aucun réfugié n’a été enregistré. Signe que les consignes de l’armée exhortant les habitants à se calfeutrer chez eux sont bien suivies.

Certains analystes irakiens parlent déjà de l’effondrement de Daech et semblent très optimistes sur une libération de Mossoul sans trop de dégâts. Leur argument est que l’ « Etat islamique » ne cesse de collectionner les défaites : Takrit, Fallouja, Ramadi, Palmyre en Syrie et Syrte en Libye, de quoi faire perdre le moral aux terroristes de Mossoul et les plonger dans la déprime. Encerclés de partout, privés de tout soutien populaire, les terroristes daéchiens ne peuvent même pas fuir vers Raqqa, leur ultime bastion. Dès lors, ils n’ont d’autre choix que de se rendre en agitant le drapeau blanc, au lieu de leur bannière noire, ou de mourir sous les bombes, ou au volant des dernières voitures piégées en tentant de faire le maximum de pertes humaines et matérielles.

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