UGTT – Gouvernement : quel sort pour les augmentations salariales?

Abassi Chahed L'Economiste Maghrébin
Photo d'archives

Une réunion entre des représentants de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et le Chef du gouvernement Youssef Chahed aura lieu aujourd’hui, 10 octobre, à la présidence du gouvernement , affirme le secrétaire général adjoint de l’UGGT Mouldi Jendoubi à leconomistemaghrebin.com. Réflexion sur une réunion décisive…

Le sujet de  la réunion n’est autre que la possibilité du report des augmentations salariales jusqu’à 2019.  La dite proposition  est la pomme de discorde entre, d’une part  la centrale syndicale-  qui tient aux augmentations salariales tout en évoquant à maintes reprises la dégradation du pouvoir d’achat, l’inflation, la cherté de la vie et les sacrifices de la classe moyenne- et d’autre part la présidence du gouvernement qui, depuis la nomination de Youssef Chahed, recourt à des arguments à l’instar de la politique d’austérité, les équilibres financiers de l’Etat et la nécessité du sacrifice.

Chacun d’eux campe sur ses positions. D’ailleurs, il suffit de parcourir les dernières déclarations faites aux médias,  notamment par Houcine Abassi, secrétaire général de l’UGTT, qui a renouvelé, dans une interview accordée au quotidien arabophone Al-Quds Al-Arabi son refus catégorique de tout report d’augmentations salariales, tout en affirmant qu’une pareille action constitue un dépassement de l’Accord de Carthage. Samir Cheffi, quant à lui, quelques jours plus tôt, avait affirmé que la classe ouvrière n’avait plus rien à sacrifier et qu’elle ne pouvait pas endurer le report des augmentations. Dans la même perspective, il a proposé la récupération du recouvrement des dettes des entreprises publiques auprès de l’Etat.

De l’autre coté, le gouvernement a des engagements avec le Fonds monétaire international portant sur la réduction des augmentations salariales qui est une mesure dictée par le FMI dans le cadre de la réforme.  Notons à cet égard que la masse salariale du secteur public est passée de 6,5 milliards de dinars avant la révolution à 13,2 milliards de dinars en 2016, représentant 70% des revenus fiscaux du pays.

En tout état de cause, vu la conjoncture actuelle et les arguments présentés par les uns et des autres, il n’est pas possible d’anticiper  sur l’issue de la réunion.

Attendons de voir…

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