Hystérie russophobe en Amérique

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Dans un article publié le 7 octobre dans le journal électronique américain Counterpuch intitulé « Washington mène le monde vers la guerre », Paul Craig Roberts qualifie le gouvernement des Etats-Unis comme étant « le plus stupide, le plus vil, le plus arrogant, le plus corrompu et le plus meurtrier du monde. »

Paul Craig Roberts n’est pas l’un de ces révolutionnaires marginaux qui vivent en marge de la société américaine, mais un homme qui a fait carrière dans l’establishment washingtonien avant de prendre ses distances et de dénoncer dans des articles, parfois incendiaires, les dangers pour le monde qu’engendre la politique américaine. Et, ayant servi au sein de l’establishment en tant que secrétaire adjoint au Trésor sous la présidence de Ronald Reagan, M. Roberts sait de quoi il parle.

Parmi les quelques adjectifs alignés par l’ancien haut responsable américain pour qualifier son gouvernement, il y en a au moins un qui s’applique au comportement de Etats-Unis vis-à-vis de la guerre en Syrie: stupide!

Sans cette stupidité, la guerre n’aurait pas duré autant d’années et n’aurait pas fait autant de victimes. Si les décideurs américains, comme ils ne cessent de le répéter depuis le 11 septembre, mènent réellement la guerre contre le terrorisme, l’Irak et la Syrie n’auraient jamais connu de telles destructions et les deux peuples voisins n’auraient jamais connus de tels malheurs. Le problème avec les Etats-Unis est qu’ils disent le contraire de ce qu’ils font et font le contraire de ce qu’ils disent.

Pour s’en convaincre il n’y a qu’à comparer l’état du monde avant que Bush II ne lance il y a quinze ans sa « Global war on terror (GWOT) » (guerre globale contre le terrorisme) et son état maintenant.

Avant que les néoconservateurs ne poussent le pauvre Bush dans les méandres d’une guerre dont il ne comprenait ni les tenants ni les aboutissants, le terrorisme était très résiduel et circonscrit dans certaines régions, principalement l’Afghanistan et le Pakistan.

Certes, il y a eu la décennie noire en Algérie, mais c’était un phénomène propre à ce pays enclenché à la suite de l’interruption du processus électoral de 1991, et qui était résolu entre Algériens à l’avantage des forces gouvernementales qui avaient heureusement réussi à écraser les forces du mal. Certes aussi, il y a eu l’action terroriste d’une ampleur sans précédent le 11 septembre 2001, mais beaucoup de mystères et de zones d’ombre persistent encore autour de ce drame gigantesque. L’histoire dira peut-être un jour pourquoi, en dépit des nombreux cris d’alarme concernant une action d’envergure que préparerait Ben Laden sur le sol américain lancés des mois avant par divers services de renseignement dont la CIA, rien ne fut entrepris pour empêcher le désastre du 11 septembre…

Tout ça pour dire que, nonobstant ces deux cas bien particuliers, le phénomène terroriste que ce soit dans sa version française (Action directe), italienne (Brigades rouges), allemande (Bande à Baader), mais aussi et surtout dans sa version islamiste, ce phénomène donc était plutôt bien maitrisé et ses dégâts  limités.

C’est à partir du moment où, dans les années Bush, les Etats-Unis ont cru devoir dire le contraire de ce qu’ils font et faire le contraire de ce qu’ils disent en matière de guerre contre le terrorisme que le phénomène a pris une dimension mondiale dont personne au monde ne pouvait prévoir l’ampleur.

C’est à partir du moment où, dans les années Bush, les Etats-Unis ont commencé à façonner des mensonges pour justifier des agressions contre des pays faibles en vue de les détruire que le terrorisme a pris de l’envol, se disséminant aux quatre coins du monde. Ils ont menti à propos de l’Afghanistan où, 15 ans après, ils sont toujours englués et les talibans plus combatifs que jamais. Ils ont menti à propos de l’Irak et 14 ans après leur « guerre globale contre le terrorisme », le monde s’est vu offrir l’ « Etat islamique » et « Jabhat Annosra », deux structures terroristes dont la sauvagerie et la férocité dépassent l’entendement.

Ils ont menti sur la Syrie aussi, mais là, les Etats-Unis se sont trouvés face à un adversaire puissant, la Russie, capable de leur tenir tête et de leur détruire leurs bombardiers à coups de S-300 et S-400, s’ils s’aventuraient dans le ciel syrien.

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique il y a un quart de siècle, les Etats-Unis se sont littéralement déchainés contre des pays faibles et totalement démunis en matière de défense anti-aérienne. Pendant 25 ans, les bombardiers américains bombardaient où bon leur semblait en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Somalie, en Serbie et ailleurs en toute sécurité et en toute impunité. Leurs pertes étaient insignifiantes pour ne pas dire inexistantes.

C’est la première fois en 25 ans de banditisme aérien si l’on peut dire que les Etats-Unis sont sous le choc après avoir reçu l’avertissement russe de ne pas s’approcher du ciel syrien sous peine de voir leurs bombardiers détruits. Après le choc, la colère. La colère des politiciens et de la presse. La fureur des néoconservateurs qui, après avoir désespéré d’Obama, attendent impatiemment l’élection de leur candidate Hillary Clinton afin d’en découdre avec le « dictateur »  Poutine.

Remarquons au passage que le « dictateur » Poutine a été élu avec une large majorité de Russes dans des élections régulières et transparentes et que jusqu’à ce jour, l’homme bénéficie du soutien et du respect de centaines de millions de personnes en Russie et à l’étranger. La seule et unique raison pour laquelle il est qualifié de dictateur, de nouveau Hitler et d’autres qualificatifs plus aimables les uns que les autres, c’est parce qu’il a osé tenir tête aux Etats-Unis, leur signifiant qu’ils ne peuvent plus faire ce qu’ils veulent là où ils veulent. Que l’unipolarité du monde fait partie de l’histoire. Que leurs mensonges, leur duplicité, et leur fourberie, particulièrement en matière de guerre contre le terrorisme, sont connus de tous.

Tous les pays du monde estiment que le grand danger immédiat qui guette l’humanité est le terrorisme, sauf les Etats-Unis. Ceux-ci voient des ennemis et des dangers partout : les Arabes, les Iraniens, les Russes, les Chinois, les Nord-Coréens, les Latinos, autant de forces du mal qui n’ont rien d’autre à faire dans la vie que comploter contre l’unique force de bien dans le monde, les Etats-Unis d’Amérique.

Cette incongruité chevillée au corps et au psyché de l’Amérique n’est pas sans conséquences sur la conduite de la politique étrangère américaine qui a toutes les caractéristiques d’une machine folle échappant à tout contrôle et provoquant de graves dégâts là où elle passe. Comment expliquer cela sinon par l’immense décalage entre l’énormité de la puissance économique et militaire du pays et la petitesse des hommes qui en ont la charge?

Prenons l’exemple de la tension russo-américaine qui ne cesse de monter et dont la gravité commence à menacer sérieusement le monde d’une troisième guerre mondiale. Cette tension a pour origine une hystérie russophobe qui s’est emparée soudain de l’Occident en général et de l’Amérique en particulier. La raison? L’intervention russe à côté du régime légitime syrien et les succès remportés contre les hordes terroristes.

Il est clair pour tous que plus les terroristes perdent du terrain en Syrie, plus l’hystérie russophobe monte au sein de la classe politique américaine. Les armées syriennes et russes sont en train de priver l’Amérique d’un « atout stratégique » (l’Etat islamique et Annosra) qu’elle pensait pouvoir entretenir et envoyer tel des pitbulls à l’assaut de ses nombreux ennemis dans la région.

Cette hystérie russophobe est telle que le chef d’état-major de l’armée de terre américaine n’a pas hésité à s’adresser à la Russie en ces termes : « Nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant. » Qui aurait pensé un jour que pour défendre l’hydre terroriste, celle-là même qui avait attaqué New York et Washington le 11 septembre 2001, l’Amérique prendrait le risque d’une troisième guerre mondiale qui serait forcément nucléaire? Il est vrai que, comme l’a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, « la stupidité américaine est pire que le terrorisme ».

 

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