Tunisie – Maroc : La bataille du couscous e
t de l’harissa aura-t-elle lieu ?

harissa tunisienne

Pour ne pas sombrer et se rassurer, 
les Tunisiens ont trouvé une astuce : il n’y a pas mieux que les chiffres, et peu importe s’ils ne clignotent pas encore tout à fait au vert. Peu importe que ce soit un, deux, trois, quatre virgule quelque chose, pourvu que la croissance tombée en panne d’essence redémarre.

Misère matérielle, mais aussi misère morale, une aubaine pour ceux qui veulent recouvrir le pays d’un blanc immaculé, comme s’ils étaient l’incarnation du bien. Dans un océan de tumultes, de doutes et d’incertitudes, je cherche quelques ilots de satisfaction, je n’en trouve pas. En tout cas, pas vraiment.

Si toutefois, tout dérape et que tout se vend mal, les Tunisiens ont au moins pour se consoler, leurs délicieuses dattes et leur excellente huile d’olive qui s’exportent à merveille. Pourquoi dès lors, s’étrangler, alors que tout reste possible ?

Ils ont aussi leur couscous qui fait chavirer de plaisir les palais et qui s’exporte bien ; mais attention à nos amis marocains qui, parait-il, cherchent à labéliser ou même breveter ce succulent plat qui nous ressemble, alors que ceux qui sont censés veiller sur notre patrimoine culinaire, sont encore à faire la sieste !

Même notre harissa nationale risque elle aussi d’y passer. Je crois qu’il est urgent que nous prenions conscience de l’absolue nécessité de sortir de notre torpeur pour parer à toute éventualité. Et puis, nous serions avisés de demander à nos amis libanais ce qu’ils en pensent, eux qui sont engagés dans une bataille juridique féroce avec l’usurpateur israélien à propos de la paternité de certains produits du terroir.

En attendant, c’est le couscous et l’harissa made in Morroco qui font des ravages sur nombre d’étalages des grandes surfaces en Occident, et cette visibilité, les Marocains la doivent à leur talent et à leur habilité.

L’heure du réveil va-t-elle enfin sonner ? Je ne suis pas si sûr, et je comprends que près de six après la révolution, les Tunisiens sont encore à se demander comment leurs politiciens ne savent pas encore comment leur parler, alors qu’il y a un proverbe chinois qui dit qu’il faut deux ans pour apprendre à parler et toute une vie pour se taire !

Comme vous voyez, on est loin du compte. Heureusement qu’entre le pire du pire et le meilleur du meilleur, il y a un entre-deux. M. Chahed a donc toutes ses chances. L’autre jour, sur El Watania1, je l’ai vu promettre de faire le grand ménage dans un exercice de style qui ne m’a pas beaucoup convaincu, malgré une bonne foi évidente.

J’ai même eu l’impression qu’il manquait de percussion et que ses propos donnaient l’air d’effleurer les problèmes sans les escamoter, il est vrai, et c’est au moins ça, en attendant mieux.

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