Exportations : de plus en plus bio

produits bio

Faut-il consommer bio ? Même si le bio est devenu une mode depuis les cinq dernières années, la question est de savoir quelle stratégie  appliquer à l’exportation de nos produits? Tel est le débat d’aujourd’hui organisé par le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), en collaboration avec la direction générale de l’Agriculture biologique, sur le thème : “Les produits biologiques et de terroir : quelle stratégie à l’exportation”.  Il est vrai que la Tunisie a effectué de grandes avancées en matière d’agriculture biologique  au point qu’elle  se classe comme étant le deuxième exportateur en Afrique, vers 30 pays sur les cinq continents.

“La notion bio est très réglementée en Tunisie. Nous avons 2987 exploitants agricoles biologiques  dont 66% d’exportateurs”, affirme Aziza Htira, PDG du CEPEX, en soutenant que  ceci  permet à la population locale de travailler, d’améliorer ses conditions de vie et de créer de l’emploi.

Il s’agit, d’après elle, d’un atout commercial important, mais aussi une valeur ajoutée des savoir-faire locaux, tout en conservant des ressources naturelles et du patrimoine culturel dans une perspective de développement durable.  Prenons l’exemple de l’ Harissa,  cette incontournable sauce piquante, elle a pris aujourd’hui une importance commerciale à l’échelle mondiale.

Comme l’Harissa, la Bssissa, les dattes, l’huile d’olive et bien d’autres produits constituent un vecteur en pleine expansion. Et d’après les chiffres de 2015, la quantité exportée serait de 48 mille tonnes, soit 345 millions de dinars, et ça prouve son importance d’aujourd’hui.

De son côté, Samia Maamer, directrice générale de l’agriculture biologique  au ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche,  souligne que ce secteur est prometteur. “Nous sommes le  seul pays dans le monde arabe à avoir mis en place une réglementation en matière technique  relative au sol à exploiter, mais il va falloir réfléchir sur une nouvelle stratégie, un  nouveau modèle d’agriculture biologique avec tous ses acquis. La Tunisie a une possibilité de rendre le système encore plus crédible”, a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, quel regard portent les Occidentaux sur la Tunisie ? Pour Michel Reynaud, vice-président d’Ecocert – un organisme de contrôle et de certification, fondé en France depuis 1991 – ce qui lui semble intéressant dans le cas la Tunisie c’est qu’elle peut s’appuyer sur le fort potentiel que constitue  l’export pour développer son marché national. D’ailleurs, il cite pour exemples la France ou la Chine  qui ont bâti leurs stratégies sur l’export dans un premier temps pour et  en même temps développer leur marché national,  et par ricochet améliorer sensiblement le niveau de vie des populations concernées.

En somme, l’agriculture biologique n’est pas uniquement bonne  pour la santé mais il y a aussi ce qu’on appelle  les externalités positives. Autrement dit, l’agriculture biologique c’est aussi moins de gaz à effet de serre  par rapport à la COP 21, et COP 22 qui aura lieu à Marrakech prochainement.

Il conclut: “L’agriculture biologique est une des possibilités de transformer les changements climatiques en positif,  à savoir préserver l’écosystème.  Protéger notre planète est primordial même si  pour le commun des mortels manger bio est avant tout bon pour la santé”.

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