Zied Lakhdhar livre un diagnostic sombre

Lakhdhar Zied L'Economiste Maghrébin

La Tunisie passe par  une crise à la fois intérieure et extérieure. Ce n’est qu’en posant le diagnostic de la période présente, qui est extrêmement difficile, que l’on pourra déterminer les solutions  stratégiques à mettre en œuvre sur le plan économique, social et politique. Zied Lakhdhar, secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié (Watad), dresse un diagnostic alarmant de la situation actuelle en Tunisie.

D’après lui, la crise est insurmontable et l’opposition a déjà tiré la sonnette d’alarme depuis des lustres. Le dialogue, aussi bien sur le plan économique que politique, fait défaut. Cela dit, que ce soit le Chef du gouvernement ou le Président de la République, ils se contentent de trouver des solutions ponctuelles aux problèmes d’aujourd’hui, sans chercher à les résoudre. Il explique: « Pour faire barrage à l’évasion fiscale,  le Chef du gouvernement pense résoudre la question en créant une « police fiscale » et un dispositif de 250 contrôleurs fiscaux supplémentaires. Quant aux 25 mille demandeurs d’emploi diplômés du supérieur, il leur a proposé  le contrat « Dignité »  avec un salaire mensuel de 600 dinars pendant deux ans, dont 400 dinars fournis par l’Etat…  C’est tout simplement surréaliste! », s’étonne-t-il.

En outre, d’après M. Lakhdhar, les décideurs ne veulent pas affronter la réalité en face, pour la simple et bonne raison qu’ils refusent de réfléchir aux solutions concrètes à apporter à la crise que vit le pays.

Et de poursuivre: « D’ailleurs, le mandat du Président de la République est limité et nous ne sommes pas sûrs de ses décisions, ou de ses choix, et en aucun cas il ne peut jouer un rôle de médiateur. »

Il ajoute également que s’il y a eu des mouvements de révolte, c’est parce que les gouvernements précédents n’ont pas su faire face au chômage, aux inégalités sociales, ce sont ces mêmes personnes qui sont en train de répéter les mêmes erreurs et les mêmes politiques d’avant. « Et de ce fait personne ne se donne les moyens de faire face à la crise », souligne-t-il.

M. Lakhdhar a estimé que le gouvernement d’union nationale est loin d’être un gouvernement d’unité, mais porte sur des intérêts partisans. De même, il s’interroge sur les intentions du Chef du gouvernement vis-à-vis de certaines mesures, après son accession au pouvoir, notamment sur la lutte contre la corruption, ou encore le marché parallèle. En guise de réponse, Youssef Chahed a décidé de reporter les augmentations salariales à 2019 et d’imposer une augmentation de l’impôt sur le revenu de 7.5%. Selon lui, le résultat est évident: « Une classe moyenne qui s’appauvrit de jour en jour et des pauvres encore plus pauvres. Mais qu’y a-t-il de vraiment fait contre les fraudeurs?  Rien », s’insurge-t-il.

Il conclut: « La réalité est sous les yeux de tout le monde, partis au pouvoir ou opposition, personne ne réagit. Il y a une absence flagrante de volonté politique, un chef de gouvernement qui vient de se rendre compte que nous avons un endettement élevé, du jamais vu! ».

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