E-gov : triste réalité dans nos administrations

La numérisation de l’administration tarde à venir. Bien que le chantier soit ouvert depuis 20 ans, les choses n’avancent pas comme elles devraient réellement. Kais Sellami, président de la Fédération nationale des technologies de l’information et de la communication (TIC), relevant de l’UTICA, Habib DabbabiI, Secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique, et Karim Koundi, Associé Deloitte Tunisie, ont été unanimes sur ce point –là lors d’une conférence-débat tenue dans le cadre des Mardis de l’Association des Tunisiens des Grandes Ecoles (ATUGE)

Un modèle qui a dépassé ses limites
En ce qui  concerne Karim Koundi, Associé Deloitte, faisant l’état des lieux de l’E-gov en Tunisie, l’expert a indiqué que 350 services en ligne ont été activés durant les 20 dernières années. Cependant tout demeure tributaire de la définition de service en ligne. C’est un développement qui touche plusieurs secteurs dans plusieurs administrations. Cependant ce modèle est désuet depuis un certain temps.  Pour lui, il s’agit de voir comment ces services en ligne sont délivrés aux citoyens et il s’agit de vulgariser le e-gov surtout les administrations publiques. Aujourd’hui, il s’agit d’une numérisation fragmentaire et qui n’inclut pas tous les secteurs

Oui pour une démarche transversale
Kais Sellami, président de la Fédération nationale des technologies de l’information et de la communication (TIC), a  affirmé que la fédération a opté pour une    démarche transversale  que ce soit pour le secteur des TIC que pour le e-gov en Tunisie.  Sous Ben Ali, on voyait tous les ans ou même moins un nouveau ministre prendre ses fonctions et faire  aussitôt table rase des avancées mises en œuvre par son prédécesseur.  Après la révolution, les responsables de la fédération ont décidé de mettre en place un conseil stratégique, en étroite collaboration avec le Chef du gouvernement, le secteur des Tics étant  un secteur transversal destiné aux métiers.  Le rôle de la fédération est donc de s’associer au gouvernement pour réfléchir ensemble sur le numérique.

Les raisons de l’échec !
Pour Habib Dabbabi, la Tunisie a entamé le processus de  digitalisation depuis vingt ans.  « Il faut reconnaître que nous n’avons pas réussi », déclare-t-il sans détour.  Dans cette perspective, il a indiqué que suite à ce constat, il faut chercher les raisons de l’échec. Entre autres raisons la bonne  gouvernance est pointée du doigt.  D’après le Secrétaire d’Etat,  l’absence de toute stratégie a caractérisé les vingt dernières années : chaque nouveau ministre  qui prend ses fonctions met dans le tiroir l’étude stratégique élaborée par son prédécesseur.  Ainsi à l’heure actuelle, le ministère se retrouve avec plusieurs études dont la plupart sont très bien faites. «  C’est  à partir de ces études que le Plan Tunisie 2020 a été réalisés », renchérit-il.

Il ajoute qu’il faut combattre l’éparpillement : les différents  ministères et autres organismes étatiques appliquant la stratégie numérique  doivent en planchant sur leur digitalisation  coordonner leurs efforts. Car le but recherché est le même pour tous, à savoir une administration zéro papier. C’est en effet l’objet du projet GED (zéro papier dans l’administration)  depuis 2013.

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