Ce hasard du calendrier qui fait le malheur des ménages tunisiens

A chaque rentrée, c’est toujours la même rengaine : le casse-tête des fournitures scolaires, les tabliers, les cartables qui grèvent le budget des familles déjà mis à mal par les dépenses estivales.

Ils sont près  de deux millions élèves entre le primaire, le secondaire, et le préscolaire à faire leur rentrée dans dix jours. Même si les vieilles habitudes, acheter de nouveaux tabliers, de nouveaux cartables, n’ont pas changé, le bonheur des enfants est resté le même, après un  été qui s’est présenté sous de bons auspices.

Comme chaque année,  les parents sont préoccupés, estime  Mohamed Amine, directeur commercial de la librairie City-com.

Selon lui,  les prix n’ont pas changé par rapport à l’année dernière. “Vous pouvez trouver aussi bien une large gamme avec des prix élevés,  qu’une moyenne gamme à des prix bas”, explique-t-il.

Il a cité l’exemple d’un  prix de cartable avec tous ses accessoires coûtant  entre 50 et 300   dinars.

A la rescousse de la bourse  exsangue des ménages, les cahiers subventionnés dont les prix sont maintenus à 190 millimes, et celui de vingt-quatre  pages à 364 millimes.

Mais le plus grand problème d’après le directeur commercial, c’est celui des libraires qui passent une convention avec certaines écoles. En particulier les écoles privées qui imposent à leurs élèves d’acheter leurs livres dans des endroits bien précis pour être finalement pris en otage puisque ces mêmes libraires imposent l’achat de cahiers avec les livres. Une vente conditionnée des plus illégales, pratiquée allègrement au vu et au su de tout le monde, en particulier les autorités de tutelle qui ne contrôlent que la vente des cahiers subventionnés.

Par ailleurs, l’ODC (organisation de défense du consommateur) dénonce comme tous les ans  l’étalage anarchique des fournitures scolaires dont regorge le souk de  Sidi Boumendil ou  l’Ariana. Son président Slim Saâdallah: “ Même si les prix des fournitures scolaires sont restés les mêmes, cependant ce que nous craignons le plus, c’est qu’il y ait pénurie de cahiers subventionnés.

Il déclare : “ Il est inadmissible qu’une une famille  achète plus de 50 cahiers subventionnés, alors que 12 cahiers seraient suffisants.  Plus grave encore : plusieurs produits contrefaits pénètrent sur le territoire, par quels moyens on l’ ignore encore, comme les protège-cahiers qui  ont  une odeur  caractéristique de pétrole et de  plastique brûlé. Ces produits inondent nos marchés à des prix défiant toute concurrence, et une famille disposant d’un faible budget, préférera  payer moins cher, même si cela risque de mettre en danger la santé de ses enfants.

“  Il faut  sensibiliser davantage  les parents afin qu’ils s’éloignent des étals anarchiques”, conclut-il.

Cette année, la fête de l’Aïd –el-Kebir  tombe quelques jours avant la rentrée scolaire , ce qui va grever davantage le budget de la plupart des familles lesquelles acculées à faire un choix  » sacrifieront » le mouton plutôt que les fournitures scolaires.

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