Tunisie : la gauche se réinvente

C’est avec détermination que le parti des Patriotes démocrates unifié organise son premier congrès de l’histoire de la gauche, post-14 janvier. Une  gauche qui  a traversé une crise identitaire,  restée longtemps  dans  la clandestinité  sous Ben Ali. 

Avec ce congrès, peut-on parler d’une gauche qui se réinvente ? Et c’est dans l’après-midi d’un vendredi 2 septembre, au palais des congrès,  que  le coup d’envoi du congrès a été donné  à partir de 17 heures.  Scandant des slogans  tels  « Fidélité aux martyrs,  préserver l’unité du parti, lutter pour unifier  toutes les forces progressistes, Qui a  tué Chokri Bel Aïd ? ».

Lors du discours d’ouverture, Zied Lakhdhar, secrétaire général du parti,  a estimé que la gauche est en train  d’écrire une  nouvelle page et qui sera  à la fois une force de proposition et de protestation nonobstant ceux qui la critiquent et la disent dépassée par les événements, appelant à l’union. “Nous partageons l’intelligence collective avec tous les Tunisiens. Et nous comptons sur notre intelligence avec nos connaissances pour l’intérêt du pays et ensemble nous sortirons de la crise”, a-t-il soulevé.

Sur le fond des dossiers   « la lutte contre le terrorisme et qui a assassiné Chokri Belaid ? », le secrétaire général  du parti a replacé l’action du gouvernement face à un double défi. Et au passage, les militants de la gauche ont scandé “ Travail, liberté et dignité”, fidèle aux martyrs,  Chokri toujours vivant ».

Il faudrait  faire vibrer les valeurs de la gauche . Et c’est dans cet exercice de volonté qu’Ahmed Seddik a déclaré que le Front populaire est le parti qui peut unir la gauche et toutes ses composantes. «  Notre objectif est  l’union  mais il faudrait revoir l’identité de la gauche ». Car selon lui,  le problème de la gauche est un problème d’orientation, surtout par rapport à la question sociale”.

Pas question de jeter de l’huile sur le feu après l’entrée d’Al Massar au gouvernement d’Union nationale aux orientations  libérales.  Cependant le porte-parole du Front populaire Hamma Hammami a déclaré  à ce sujet : “ Ceux qui ont choisi d’en faire partie ont le choix soit de devenir comme eux, soit de démissionner. Et je crois fermement que ce n’est qu’une question de temps. J’espère qu’ils continueront à défendre leurs valeurs”.

gauche tunisienneSur un autre aspect, les critiques envers le discours de la gauche accusé d’être «  toujours le même », Hamma Hammami  a affirmé : « la nature de notre discours ne changera pas, mais dire que le Front populaire s’éloigne de ses objectifs premiers, n’est qu’une vue de l’esprit de certains. Vous savez, du temps de Ben Ali le Front populaire subissait des menaces,  maintenant nous subissons des campagnes de diffamation ».

Pour sa part, Mohamed Jemour, vice-secrétaire général des Patriotes démocrates unifié, déclare : « Ce  gouvernement d’unité nationale  en fait n’est qu’un leurre. Cependant, nous espérons qu’Al Massar  ne se compromettra pas dans des mesures anti-populaires, que ses membres continueront à s’opposer à leurs politiques libérales et  que le jour où les membres de ce parti se rendront compte de la situation, ils prendront la bonne  décision. »

Des séances de travaux auront lieu pendant deux jours,  oscillant entre discussions et pistes de réflexion face à la situation alarmante du pays. En particulier la question des défis et des enjeux à laquelle le parti entend répondre par des propositions et des réponses.

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