Tunisie – Thalassothérapie : « La situation est gravissime »

La Tunisie compte aujourd’hui une quarantaine de centres de thalassothérapie répartis sur tout le littoral qui ont connu ces dernières années un véritable essor dans le domaine des cures de bien-être, de minceur ou de santé.

La Tunisie était une destination de prédilection, mais aujourd’hui, elle ne l’est plus. Les touristes sont plutôt portés sur d’autres destinations. Les centres de thalassothérapie annoncent tous des chiffres d’affaires en forte baisse.

Le contexte de crise sociale et de terrorisme a touché de plein fouet le secteur du tourisme qui, à son tour, a fortement impacté celui de la thalassothérapie, puisqu’il est étroitement lié à l’activité hôtelière.

Recettes en baisse, salariés contraints au chômage : Amel Ourimi, directrice générale d’un centre de thalassothérapie dans la zone touristique Djerba Zarzis, a lancé, au nom des professionnels, un cri d’alarme lors de son intervention sur les ondes de la radio tunisienne.

« La thalassothérapie avait connu des hauts et des bas. Mais cette fois-ci, le secteur est frappé de plein fouet tout comme le secteur du tourisme auquel nous sommes très étroitement liés. Aujourd’hui, la fréquentation d’un centre de thalassothérapie va au-delà de la recherche du bien-être médicalisé. Les clients accordent plus de place à leur sécurité depuis les deux dernières attaques terroristes dévastatrices.»

De ce fait, le marché de la thalassothérapie a subi les effets destructeurs du terrorisme et de la dégradation de l’hygiène environnementale, entraînant une forte baisse de ses recettes. « Au départ, nous étions le premier concurrent de la France, leader mondial. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence, les constats sont alarmants. Notre tourisme est souffrant et le domaine de la thalassothérapie subit la crise par les effets destructeurs du terrorisme et de la dégradation de l’hygiène environnementale », dit-elle avec amertume.

Mme Amel Ourimi a souligné que depuis l’avènement de la révolution tunisienne, la situation du secteur est devenue très critique : « D’habitude, nous travaillons avec des touristes qui séjournent dans les hôtels. Nous nous préparons pour la haute saison de la thalassothérapie qui va du mois de septembre au mois de novembre et où les prix sont un peu élevés.  Cependant les clients actuels n’ont pas assez de moyens pour se payer pendant leur séjour le luxe de faire une cure dans un centre de thalassothérapie. Comme on a la même clientèle (touristes étrangers), on n’aura plus les mêmes recettes soit  une dégradation à hauteur de 50 ou 60% ».

Par ailleurs, Mme Ourimi a rappelé que depuis la révolution tunisienne, il n’y a plus de haute saison et que, depuis, le secteur tourne au ralenti avec la moitié du personnel.

Voyant tout en noir, elle s’insurge : « La situation est gravissime ! »

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