La révolution a-t-elle fait le printemps du droit de la femme tunisienne?

Photo d'archives

Actuellement, les Tunisiennes vivent une injustice car il y a encore des lois qui sont discriminatoires. Et il est temps de revoir justement toutes ces lois, estime Samira Merai, ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance. « Même si la Constitution assure aux femmes et aux hommes des droits identiques, certains demeurent pourtant discriminatoires, d’où la nécessité de les revoir « , a préconisé la ministre. Elle a déclaré s’activer à mettre en place les mécanismes nécessaires, lors de son intervention sur les ondes de la Radio Nationale.

« Nous travaillons actuellement à revoir certains textes de la Constitution tunisienne qui sont anticonstitutionnels et encore discriminatoires », a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs confié qu’elle œuvre donc pour la création par un décret de commissions au sein de chaque ministère qui assureront à la fois l’égalité des chances, l’égalité dans tous les programmes, que ce soit au niveau du budget, des désignations aux postes au sein de chaque ministère, de l’amélioration des droits des femmes, de l’égalité des chances et de l’égalité des genres, dans le cadre du plan quinquennal de développement

Et de poursuivre : « Aujourd’hui, les acquis de la femme ne sont plus menacés puisque cela est assuré dans la Constitution tunisienne, au contraire cela engage l’Etat à améliorer les droits des femmes. Sur ce plan elles ne sont plus menacées, mais on voudrait, tout de même renforcer ces droits. »

La fête de la Femme c’est aussi celle du Code de Statut personnel tant loué. Alors d’où vient cette inégalité de chances entre les deux genres ?

Aujourd’hui, la femme tunisienne a-t-elle la place qu’elle mérite?

L’écrivain, acteur, metteur en scène et réalisateur tunisien, Mohamed Raja Farhat répond : « Non, je ne la vois pas à la place qu’elle mérite. Elle n’est pas présente. Combien de députées ? Combien de ministres ? Des femmes magistrats, oui, il y en a ; des femmes médecins, des femmes ingénieures, des professeures, des femmes de droit, il y en a aussi. Mais sur le plan politique, institutionnel, on est en deçà de ce que l’on pouvait attendre », regrette l’homme de théâtre.

Et d’expliquer qu’il y a une résistance mentale, une misogynie qui ne dit pas son nom qui est là. « Il suffit de regarder les grandes commissions et le grand bavardage, la femme est manifestement souvent absente. Les directions des partis politiques hormis Mme Maya Jribi- il n’y a pratiquement pas de grandes figures, sinon il existe quelques-unes dont la présence est symbolique. Nous sommes encore en retard », constate-t-il.

« On ne se rend pas compte que c’est très grave qu’il n’y ait pas de syndicalistes femmes après toutes les luttes. Concrètement, il n’y a pas une volonté de faire participer la moitié de la société que Mao Tsé Toung appelle ‘’la moitié du ciel’’. Donc c’est aux femmes de s’imposer, préconise-t-il, ajoutant que ni Angela Merkel, ni Margaret Thatcher et encore moins Indira Gandhi n’ont demandé d’autorisation à personne ».

Faudrait-il alors une révolution pour que cela change?

Et M. Raja Farhat de répondre : « D’abord, de par sa volonté. La femme doit savoir s’imposer sur la scène publique, politique, économique et sociale, à l’instar de Wided Bouchamaoui qui est le symbole même de l’UTICA. Mais si nous regardons un peu du côté de l’UGTT, combien y a-t-il de femmes à la direction du syndicat ? Aucune ! En 1951, Chérifa Messaâdi était membre de la commission administrative et depuis on n’y trouve plus aucune femme. »

Pour conclure, l’homme de théâtre fait observer que la femme tunisienne ne fait pas preuve de « volonté réelle » pour améliorer sa condition. Quand on parle de Tunisie, pourquoi ne pas rappeler jours et nuits que c’est une femme qui a fondé Carthage. Hélas, il n’y a même pas une stèle indiquant que « c’est ici que fût fondée Carthage par Didon ou Alyssa, la fondatrice légendaire et première reine de Carthage. « Pire encore! Le général Hannibal n’est pas mieux servi. »

A croire que les Tunisiens n’ont pas de reconnaissance pour leurs personnages célèbres, femmes et hommes confondus.

 

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